L’approvisionnement en électricité risque d’être tendu cet hiver

ENERGIE Réseau transport d’électricité (RTE) n’exclut pas les délestages ciblés de ménages en cas d’hiver très froid

Mikaël Libert

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Le centre de dispatching de RTE à Lambersart, près de Lille, dans le Nord.
Le centre de dispatching de RTE à Lambersart, près de Lille, dans le Nord. — M.Libert / 20 Minutes
  • La crise du coronavirus a perturbé les opérations de maintenance du parc nucléaire.
  • L’été a permis de rattraper une partie de retard mais RTE estime que la situation peut encore être tendue.
  • En cas d’hiver plus froid que la normale, des délestages ciblés de ménages ne sont pas exclus.

Pourvu qu’on ait du jus. En juin dernier, Réseau de transport d’électricité (RTE) avait publié une étude montrant qu’il existait un risque en termes d’approvisionnement en électricité pour l’hiver prochain. Ce risque était notamment lié à la perturbation du calendrier des opérations de maintenance des réacteurs nucléaires du parc français à cause de la crise du coronavirus. Ce vendredi, RTE a réévalué ses perspectives de manière optimiste sans toutefois exclure des tensions en cas d’hiver rigoureux.

Le premier effet de la crise sanitaire remarqué par RTE était plutôt positif puisque le distributeur d’électricité avait noté « une diminution de la consommation. » Pas illogique puisque la période de confinement a engendré un arrêt presque complet de l’économie et que le temps était de la partie. Le deuxième effet était plus préoccupant, la crise ayant eu un « impact important […] sur le programme de maintenance des réacteurs nucléaires », relève RTE.

Une disponibilité du parc nucléaire revue à la hausse

Les opérations de maintenance ont été reprogrammées cet été et elles se sont « déroulées de manière satisfaisante » affirme le transporteur d’électricité, précisant qu’il réévaluait ainsi « à la hausse la disponibilité attendue du parc nucléaire. » Une bonne nouvelle à laquelle s’ajoute celle d’une consommation électrique toujours en baisse à la sortie de l’été.

Pour autant, RTE reste sur la réserve, essentiellement parce que la suite des événements dépend de facteurs aléatoires. Le premier est celui de la météo. « L’analyse prévisionnelle fait apparaître une probabilité de tension élevée, fin novembre début décembre, en cas de froid précoce », prévient RTE qui compte beaucoup sur le retour des réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville.

Néanmoins, si les températures étaient significativement sous les normales de saison, RTE explique que « le recours au délestage ciblé de ménages ne peut être totalement exclu », mais écarte « un risque de black-out sur l’ensemble du pays. »

Le second facteur est bien entendu l’évolution de la crise sanitaire et ses conséquences sur la maintenance ou les éventuelles réparations à effectuer sur le parc nucléaire.