Vélorution, occupation de place, action pancarte… La grève de l’école pour le climat est de retour et s’adapte au Covid-19

MOBILISATION Après une longue pause, Covid-19 oblige, le mouvement Youth for Climate France appelle de nouveau la jeunesse à se mobiliser sur le front du climat ce vendredi et samedi. En adaptant les modes d’actions à la crise sanitaire

Fabrice Pouliquen

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Des étudiants et lycéens de Youth for Climate France manifestent à Lyon, le 21 septembre 2019.
Des étudiants et lycéens de Youth for Climate France manifestent à Lyon, le 21 septembre 2019. — KONRAD K./SIPA
  • Le mouvement mondial des jeunes en grève pour le climat et le vivant, « Fridays for Future », initié par Greta Thunberg, appelle à de nouvelles journées de mobilisations ce vendredi et samedi.
  • En France, cela se déclinera par une série d’actions organisées par les comités locaux de Youth For Climate France et référencées en ligne. « Toutes sont maintenues », indique ce jeudi Noé, membre du mouvement, malgré le renforcement des mesures sanitaires.
  • Youth For Climate France dit avoir anticipé le coup en élargissant la palette des actions pour mieux prendre en compte les mesures de distanciations sociales. Sont ainsi prévus des « vélorutions » ou des « manifestations pancartes ». Explications.

La dernière grande journée de mobilisation remonte au 13 mars… « Et encore, le confinement avait été annoncé la veille par le gouvernement, si bien que de nombreux comités locaux avaient décidé d’annuler leurs manifestations », raconte Erwan, étudiant lyonnais, membre de Youth for Climate France. La suite, on la connaît : des restrictions de déplacements jusqu’au 11 mai, une année scolaire tronquée, puis les vacances d’été.

Mais avec la rentrée, Youth for Climate France est bien de retour et appelle à une nouvelle grande mobilisation, ce vendredi et samedi. L’initiative n’est pas seulement française, mais portée par Fridays for Future, le mouvement mondial des jeunes en grève pour le climat et le vivant, initiée par la Suédoise Greta Thunberg, et dont Youth for Climate France est la branche française.

Mobilisation mondiale

Le programme n’est pas sans rappeler celui des journées que Youth For Climate France avait organisé en 2019. Les collégiens, lycéens et étudiants sont appelés à faire « la grève de l’école » le vendredi après-midi pour rejoindre des manifestations organisées par les comités locaux de Youth for Climate France. Quant au samedi, il sera émaillé d’actions éparses, notamment de désobéissance civile, « souvent organisées en collaboration avec d’autres mouvements, comme Extinction Rebellion », détaille Erwan. Youth for Climate France cible notamment ce que le mouvement appelle « les grands projets inutiles et imposés ». Mais aussi, cette fois-ci, des installations Seveso, alors que ce samedi marque le premier anniversaire de l’incendie de Lubrizol à Rouen.

Sur une carte interactive, Youth For Climate France recense, ce jeudi, vingt-trois actions en métropole, essentiellement sur cette journée de vendredi. « Pour l’instant, toutes sont maintenues », assure Noé, dans l’équipe communication du mouvement, en réagissant au renforcement des mesures sanitaires annoncé mercredi soir par Olivier Véran. Avec un point d’interrogation sur Marseille, placée en zone d’alerte maximale par le ministre de la Santé. « On attend les retours du comité local de Youth Climate France sur la façon dont il va s’organiser », poursuit Noé.

Des nouvelles formes de mobilisation pour s’adapter à la crise sanitaire

A Youth For Climate France, on explique de toute façon s’être préparé au fait de devoir organiser des actions dans un contexte sanitaire difficile. « On s’éloigne du coup des grandes marches que l’on a pu organiser à nos débuts, peu propices au respect des mesures de distanciations sociales, pour développer d’autres formes de mobilisation », reprend Noé.

Comme la « mobilisation pancarte » organisée à Clermont-Ferrand et « qui consistera à recouvrir une place de la ville de pancartes représentant le monde dans lequel nous voudrions vivre plus tard, reprend Noé. Une action similaire avait déjà été organisée par Youth Climate France au début de l’été en soutien à la Convention citoyenne pour le climat, et d’autres avant encore à Berlin ou à Bruxelles. »

Autre exemple : « la vélorution, organisée ce vendredi à Dijon par l’antenne locale de Youth For Climate France ». Le concept ? « Les manifestants ne déambulent plus à pied, mais sur un vélo, ce qui permet de respecter plus facilement les règles de distanciations sociales », précise Erwan. Une action similaire serait aussi en préparation à Caen, organisé conjointement par Youth for Climate France et Uni.e.s pour le climat, indique Noé.

A Paris, vers l’occupation d’une place dès samedi

Et à Paris ? La carte interactive de Youth for climate n’affiche aucun événement dans la capitale pour la journée du vendredi. Samedi, en revanche, Youth for Climate appelle à occuper une grande place parisienne et ses rues adjacentes. « Comme ce qui s’est fait à en Berne en Suisse cette semaine », illustre Erwan. Des militants climatiques ont occupé la place Fédérale – bordée par le Palais fédéral et la Banque nationale suisse – pendant deux jours avant d’être évacués.

La place visée à Paris samedi est gardée secrète. « On distribuera des masques à ceux qui n’en ont pas et il y aura du gel hydroalcoolique », assure seulement Noé.