PODCAST. Que reste-t-il de notre liberté à l’ère du coronavirus ?

« MINUTE PAPILLON ! » Une pause philo avec Peggy Avez, agrégée et docteure en philosophie, qui explore pour « 20 Minutes » la notion de liberté à l'heure du coronavirus

Laure Cometti, réalisation Anne-Laetitia Béraud

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Illustration d'un homme devant une rideau de fer abaissé à Tunis, en Tunisie
Illustration d'un homme devant une rideau de fer abaissé à Tunis, en Tunisie — Adrian Dascal / Unsplash

Dans quel monde a-t-on basculé avec la pandémie de Covid-19 ? En moins de six mois, nos sociétés, nos libertés, nos liens ont été bouleversés par le coronavirus. Et si la France poursuit son «  déconfinement progressif », avec de nouvelles annonces attendues ce jeudi par le premier ministre Edouard Philippe, pas sûr que cela chamboule notre quotidien.

Alors que cette « drôle » de période va continuer, 20 Minutes podcast vous propose le jeudi une pause philo dans votre canapé. Un temps pour prendre de la distance. Philosophes, historiens, sociologues, grands témoins répondent aux questions suivantes : comment l’épidémie redéfinit-elle nos vies ? Comment modifie-t-elle notre rapport à notre corps, à celui des autres ? Qu’est-ce que l’ennui, est-il un mal nécessaire ?

Renoncement volontaire de nos libertés

Pour ce troisième épisode, on parle de liberté : quelle est notre liberté à l’ère du coronavirus ? Pour répondre,  Peggy Avez, docteure et agrégée en philosophie, chercheuse, créatrice du site Simone et les philosophes. Dans son ouvrage L’envers de la liberté (Publications de la Sorbonne), elle écrit notamment que la liberté naît et renaît face à des contraintes, des obstacles, mais qu’elle résiste et n’existe que par contraste. Cette période de confinement serait-elle un moment privilégié pour ressentir notre liberté, alors qu’elle est menacée ?

Dans ce podcast mené par Laure Cometti, journaliste à 20 Minutes, Peggy Avez revient sur l’acceptation collective du confinement en France, mi-mars, et le renoncement volontaire à nos libertés. Quand le gouvernement ne gère plus un Etat, mais la vie des habitants, leur santé, peut-il être plus intrusif, voire autoritaire ?

« Sentiment d’arbitraire »

« Dans un contexte de panique, on ne voit plus que la recherche de sécurité, et on recherche plus à voir comment cette sécurité est incompatible avec notre liberté », souligne-t-elle. La philosophe propose que, même dans une situation de panique, il faut garder une forme de discernement. « Quelle est la sécurité nécessaire à ma liberté ? Mais quelle est la liberté que je sacrifie ? », questionne Peggy Avez.

Evoquant les nouvelles règles du déconfinement, « ce sentiment d’arbitraire nous donne l’impression que tout est en sursis », note-t-elle. Et ce sentiment engendre un autre sentiment, celui d’insécurité.

A propos de la liberté et des contraintes, Peggy Avez relève enfin que « dans cette crise, on a vu des libertés n’étaient que des privilèges, et cela n’est pas un projet de société démocratique ».

Pour écouter ce podcast, c’est simple comme un clic dans le lecteur ci-dessus.

« Minute Papillon ! » est un podcast original de 20 Minutes. Si vous l’appréciez, vous pouvez vous abonner gratuitement et nous évaluer, en cliquant-ici.