Présidentielle : Pour François Hollande, le PS doit redevenir le pivot de la gauche

RETOUR ? L’ancien chef de l’Etat conseille aux socialistes de ne pas se rallier aux écologistes ni aux Insoumis pour 2022

20 Minutes avec AFP

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François Hollande, le 13 février 2020, à Paris.
François Hollande, le 13 février 2020, à Paris. — Olivier Juszczak/20 Minutes

Alors que le temps est aux universités d’été des partis politiques, c’est aussi la rentrée pour François Hollande. Dans un entretien à Ouest-France publié samedi, l’ancien président de la République estime que le Parti socialiste « a le devoir » d’être « la force centrale » à gauche, et ne doit « se rallier » ni à une candidature écologiste, ni à Jean-Luc Mélenchon pour 2022.

LREM « a glissé à droite »

Selon François Hollande, qui a dirigé le PS pendant onze ans, « il ne peut y avoir d’alternative à gauche sans une grande force centrale ». « Et le PS a le devoir de jouer ce rôle de nouveau ». « Le PS ne peut pas rester dans l’état où il est. Il a un espace considérable à occuper face à La République en marche, qui a glissé à droite » et « n’est pas un vrai parti », ajoute François Hollande. « Il doit s’emparer de l’écologie et la relier à deux dimensions : sociale, sans laquelle il ne peut y avoir de transition réussie ; économique car la mutation en cours, provoquée par la crise sanitaire et le réchauffement climatique, doit conduire à une croissance différente du passé ».

Interrogé sur la stratégie de rassemblement défendue par l’actuel premier secrétaire Olivier Faure, François Hollande exclut un rassemblement qui se réaliserait « sur la disparition d’une composante majeure de la gauche, celle qui a permis les victoires de François Mitterrand et de (lui-) même à la présidentielle ». Pour 2022, les Français « sont convaincus de l’impératif écologique mais pas des réponses des Verts. Beaucoup aussi aspirent à une profonde transformation de notre pays, mais ne partagent pas les positions souverainistes et antieuropéennes des Insoumis », analyse l’ancien président.

« Je peux être utile »

Interrogé sur une nouvelle candidature en 2022, François Hollande assure « ne rien chercher pour lui-même ». « En revanche, je peux être utile à mon pays, par mes idées et mon expérience, dans la crise qu’il traverse aujourd’hui. Une candidature suppose des conditions et pas simplement une ambition », ajoute-il toutefois. Pour le choix du candidat, François Hollande ne plaide pas pour une primaire qui « crée toujours une division ». « C’est la réalité qui va décider et non une procédure ».

Selon lui, pour la prochaine présidentielle, « le jeu est ouvert pour la gauche si elle porte un projet audacieux et crédible ». Interrogé sur l’hypothèse d’un nouveau duel Macron-Le Pen en 2022, l’ancien chef de l’Etat est formel : « tous les pronostics faits à deux ans d’une présidentielle ne se sont jamais vérifiés. Les favoris annoncés n’ont jamais été au rendez-vous ».