La rumeur d'un autre coronavirus est partie d'un cas en Chine.
La rumeur d'un autre coronavirus est partie d'un cas en Chine. — Jin Peng / Costfoto/Sipa USA/SIPA

FAKE OFF

Non, l'hantavirus ne sera pas le successeur du Covid-19

Marie-Laetitia Sibille

Un tweet viral du journal chinois Global Times a provoqué la panique en évoquant le décès d'un homme, ce lundi, des suites d'une infection à hantavirus. Mais cette maladie n'est en rien comparable au coronavirus

  • Un quotidien chinois a relaté ce mardi, dans un tweet en anglais, le décès d’un homme ayant contracté un virus de la famille des hantavirus.
  • Dans le contexte actuel de Covid-19, cette nouvelle a provoqué la peur de nombreux internautes.
  • Mais il s’avère que cette infection n’a rien à voir avec le virus qui sévit actuellement dans le monde, et que l'hantavirus n’est pas transmissible d’homme à homme.

Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, diront les pessimistes. L'hantavirus sera-t-il le triste successeur du coronavirus ? Des messages alarmants ont circulé sur les réseaux sociaux à ce sujet ce mardi. L’information trouve sa source dans un tweet du quotidien chinois Global Times (contrôlé par le Parti communiste et publié en chinois et en anglais), annonçant la mort d’un homme qui avait été testé positif au hantavirus.

Selon le Global Times, la victime est décédée ce lundi dans un bus en direc­tion de la province du Shan­dong, à l’est de la Chine. Les 32 personnes qui voyageaient avec elle auraient été testées.

Rapidement, le hashtag #hantavirus a commencé à circuler sur Internet, présentant cette maladie comme une nouvelle menace mondiale. Les internautes ont réagi en nombre, allant de la peur à l’ironie, en passant par le dépit et le fatalisme : « Quand on va sortir du confinement et on va tomber sur le #hantavirus », « La Chine avait fermé une porte, une autre s’ouvre », « Alors là je dis non. Un, ça suffit », « J’ai un mauvais pressentiment à propos de la suite du confinement. Le hantavirus machin là je le sens pas », « Vraiment l’année 2020 c’est rebondissements sur rebondissements ».

FAKE OFF

Pourtant, il y a une différence de taille entre la situation actuelle de pandémie de Covid-19 et les hantavirus, puisqu'il s'agit d'une famille de virus : « Il n’y a pas de transmission interhumaine (d’homme à homme) » pour ces derniers, indique, en gras, le site du ministère de la Santé dans un texte datant de 2012. Les hantavirus sont présents chez certains rongeurs vivant dans les forêts et parfois, dans les bâtiments avoisinants. Ces rongeurs excrètent le virus en grande quantité dans leurs urines, leurs selles ou leur salive, poursuit le site.

Les humains peuvent ainsi contracter une infection à hantavirus en inhalant des gouttelettes de salive ou d’urine en suspension dans l’air, ou des poussières d’excréments provenant de rongeurs sauvages infectés. La transmission peut également survenir lors d’un contact direct entre une matière contaminée et la peau non intacte (éraflée), ou encore par ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. 

De simples précautions

« Les hantavirus circulent depuis très longtemps et ne sont pas en train d’émerger, précise Guillaume Castel, chercheur virologue à l’Inra de Montpellier, joint par 20 Minutes. En Europe, on l’appelle le virus puumala, du nom d'une ville de Finlande où il a été isolé pour la première fois. Il n’est pas du tout le même que les hantavirus asiatiques. L’infection, le plus souvent bénigne, concerne surtout les travailleurs en forêt, les bûcherons, les agents ONF, et certaines régions en France, comme les Ardennes. Ce sont les campagnols qui le transmettent le plus souvent. Il y a une centaine de cas détectés annuellement en France. »

La maladie provoquée par le puumala est une fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR). Les symptômes sont la fièvre, accompagnée ou non de frissons, les céphalées (maux de têtes), les douleurs musculaires ou dorsales, éventuellement des troubles de la vision.

Parfaitement connus et compris par la communauté scientifique, les hantavirus n’ont donc rien à voir avec le Covid-19 et son niveau de contagiosité. Et des précautions simples peuvent être prises afin de diminuer le risque d’infection, précise le ministère de la Santé, comme éviter les contacts directs avec les rongeurs, éviter de pénétrer dans des locaux fermés ou abandonnés en forêt, ou lutter contre la présence de rongeurs.

Il est donc, pour l’heure, largement exagéré de craindre une nouvelle pandémie. Le seul tort de cette information sur les hantavirus aura été de paraître dans un contexte on ne peut plus anxiogène.