Coronavirus à Rennes : Comment « la meilleure clinique de France » se prépare à affronter la vague

ÉPIDÉMIE Le centre hospitalier privé de Saint-Grégoire a installé une unité de 50 lits, aujourd’hui vides, pour accueillir des malades du coronavirus

Jérôme Gicquel

— 

Illustration de la pharmacie du Centre hospitalier privé (CHP) de Saint-Grégoire, près de Rennes.
Illustration de la pharmacie du Centre hospitalier privé (CHP) de Saint-Grégoire, près de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Les cliniques ne sont pour l’heure pas trop sollicitées pour faire face à l’épidémie de coronavirus.
  • Au CHP Saint-Grégoire près de Rennes, les lits aménagés pour accueillir des malades sont vides.
  • Mais l’établissement se tient prêt à participer à l’effort de guerre en cas de saturation du CHU de Rennes.

Avec 993 cas confirmés de coronavirus et 43 décès, la Bretagne reste pour l’heure relativement épargnée par l’épidémie. Mais les autorités s’attendent à faire face à un afflux de patients dans les prochains jours avec une vague épidémique qui pourrait intervenir au cours de la première semaine d’avril. En attendant, les établissements de santé de la région se préparent comme le centre hospitalier privé (CHP) de Saint-Grégoire au nord de Rennes.

Classé meilleure clinique de France pendant neuf ans par le magazine Le Point, avant de se faire chiper la première place l’an dernier, l’établissement tourne actuellement au ralenti. Depuis quinze jours, toutes les opérations non urgentes y ont été déprogrammées et seules les urgences, la maternité ainsi que les services de soins palliatifs et de chimiothérapie continuent de fonctionner normalement. « L’activité a été réduite par cinq avec moins d’une quarantaine d’interventions au bloc opératoire chaque jour contre 200 habituellement », confirme Ronan Dubois, directeur général du CHP Saint-Grégoire.

La cinquantaine de lits aménagés sont vides pour l’instant

Si la clinique n’est pas en première ligne dans la lutte contre le Covid-19, elle est toutefois « l’arme au pied » pour participer à l’effort de guerre. Au troisième étage de l’établissement, une unité de cinquante lits a été installée pour accueillir des malades. « Les cas critiques sont transférés au CHU Pontchaillou à Rennes, explique le directeur. Nous intervenons en second rideau pour soulager le CHU en cas de saturation de son service de réanimation ».

Mais contrairement à la région Grand Est ou à l'Ile-de-France, l’afflux de patients n’est pas encore aussi important à Rennes et en Bretagne. Si bien que les lits censés accueillir des malades du coronavirus sont vides au CHP Saint-Grégoire. Une situation qui peut paraître incongrue compte tenu de l’état d’urgence sanitaire. « Il peut y avoir de l’inconfort à voir des hôpitaux privés vides, reconnaît Ronan Dubois. Mais chacun est dans son rôle, en accord avec les missions qui nous ont été confiées par l’Agence régionale de santé ».

La solidarité s’organise entre les cliniques

En attendant d’être sollicité par les autorités sanitaires, la solidarité s’organise au CHP Saint-Grégoire. Une dizaine de ses soignants ainsi que deux anesthésistes viennent ainsi de rejoindre la clinique de l’Europe à Port-Marly dans les Yvelines, un établissement appartenant au même groupe Vivalto Santé.

Une dizaine de lits de réanimation équipés de respirateurs ont également pris la direction de la région parisienne ces derniers jours. Un moyen comme un autre pour les hôpitaux privés de participer à l’effort de guerre, eux qui avaient déploré il y a quelques jours de ne pas être davantage sollicités.