Coronavirus : Du sang de ver marin pourrait être utilisé pour soigner des malades

ESPOIR La société bretonne Hemarina s’apprête à lancer un test dans deux hôpitaux parisiens

J.G. avec AFP

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L'hémoglobine de l'arénicole est capable d'acheminer 40 fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine.
L'hémoglobine de l'arénicole est capable d'acheminer 40 fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine. — FRED TANNEAU / AFP
  • Un ver marin pourrait venir en aide aux patients atteints du coronavirus.
  • C’est le pari d’une société bretonne qui s’apprête à lancer un test dans deux hôpitaux parisiens.
  • L’hémoglobine de l’arénicole est capable d’acheminer 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine.

EDIT: L'essai clinique a été suspendu le 9 avril par l'Agence du médicament « après avoir pris connaissance de résultats négatifs d’une étude précédente sur des porcs ».

Et si l’espoir dans la lutte contre le coronavirus venait d’un petit ver marin ? Basée à Morlaix (Finistère), la société Hemarina croit en tout cas aux pouvoirs de l’arénicole, un ver marin bien connu sur les plages bretonnes. Dans le cadre d’un essai clinique, elle pourrait rapidement administrer à dix patients atteints du Covid-19 une solution issue du sang de l’animal aux pouvoirs d’oxygénation très importants.

« On attend incessamment sous peu la décision du Comité de protection des patients (CPP) en sachant que l’ANSM a déjà validé l’essai », indique le docteur en biologie marine Franck Zal, à la tête de la société bretonne. Ni l'agence du médicament (ANSM), ni le CPP compétent n’étaient joignables dans l’immédiat.

Quarante fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine

La solution, destinée à des patients affectés par le Syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), est produite à partir de l’hémoglobine de l’arénicole. Mesurant entre 10 et 15 cm, on connaît surtout de ce ver les petits tortillons visibles sur les plages. Son hémoglobine (molécule présente dans les globules rouges et qui a pour rôle de transporter l’oxygène dans le corps) est capable d’acheminer 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine.

Contrairement à cette dernière, enfermée dans des globules rouges, celle de l’arénicole est extra-cellulaire. « Le but est d’utiliser cette molécule comme une sorte de respirateur moléculaire avant que les patients ne basculent dans un processus lourd de réanimation », souligne Franck Zal, rappelant le manque actuel de respirateurs artificiels.

Un produit déjà testé aux Etats-Unis

Le produit de la société de biotechnologie, appelé HEMO2life, a déjà été testé aux Etats-Unis sur des personnes atteintes d’hypoxie cérébrale. « Le principe reste le même », assure Franck Zal. Il a été également testé pour la préservation de greffons rénaux. Le laboratoire de biotechnologie est actuellement dans l’attente d’une autorisation de commercialisation de son produit.

Basé à Morlaix, il s’apprête à envoyer aux hôpitaux parisiens Georges Pompidou et de la Pitié-Salpêtrière, où l’essai doit avoir lieu, une centaine de doses de son produit injectable. L’entreprise, qui dispose de sa propre ferme d’élevage de vers marins en Vendée, dispose de 5.000 doses immédiatement disponibles et pourrait en produire « assez rapidement » 15.000 autres.