Illustration d'un test PCR, dans le nez, à Paris le 31 août 2020.
Illustration d'un test PCR, dans le nez, à Paris le 31 août 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA

VOUS INTERROGEZ

Coronavirus : Les réponses à vos questions sur les tests PCR, sérologiques et salivaires

Oihana Gabriel

Alors que la circulation du virus est active dans plusieurs régions françaises, certains internautes s’interrogent sur les tests

  • Pour éviter que l’épidémie ne prenne davantage de vigueur, le gouvernement espère arriver à 1 million de tests PCR par semaine dès ce début septembre.
  • Mais il n’est pas évident de s’y retrouver dans les divers tests proposés.
  • 20 Minutes a proposé à ses lectrices et lecteurs de poser leurs questions, afin d’y répondre.

Face au coronavirus, pas simple de s’y retrouver entre les tests sérologiques et virologiques, les obligations de dépistage régulièrement modifiées… Pour tenter d’être au plus près de vos préoccupations, 20 Minutes vous a proposé de poser vos questions sur le sujet. Voici quelques réponses.

Sophie : « Quel test est plus fiable, le test nasal ou la prise de sang ? »

Ces deux tests ne répondent pas à la même question. Le test nasopharyngé, dit PCR, permet de dire si vous avez actuellement le Covid-19. Le test sanguin permet, lui, de savoir si vous avez déjà été en contact avec ce coronavirus et si vous avez développé des anticorps.

Autre différence, la façon de faire. Le test virologique, le PCR, se réalise dans le nez : on enfonce un écouvillon (une sorte de long coton-tige) profondément pour prélever des cellules. C’est plus ou moins douloureux et ce test se réalise à l’hôpital, en laboratoire de ville ou via des drive, mais pas en pharmacie. En revanche, le test sérologique, par simple prise de sang, peut se faire en pharmacie, sans rendez-vous. Mais dans ce cas, il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

Question fiabilité maintenant : c’est là que le bât blesse. Si votre test PCR est positif, cela veut dire que vous avez le Covid-19. En revanche, s’il est négatif, il y a moins d’assurance car il existe 20 à 30% de tests faussement négatifs. Pour les tests sérologiques, qui vous disent si vous avez déjà eu le Covid-19, le problème est que l’on ne sait pas à l’heure actuelle pendant combien de temps nos anticorps nous protègent contre cette maladie. Par ailleurs, selon l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, interrogé par le Journal des Femmes, environ 5 % de ces tests pourraient être des faux positifs.

Céline : « Si un élève de la classe de mon enfant a le COVID-19, les enfants doivent-ils tous obligatoirement se faire tester ? Et les parents également ? Ou une mise à l’écart de quatorze jours suffit-elle ? »

Pour le moment, le protocole annoncé par Jean-Michel Blanquer mercredi 26 août prévoit que si un enfant ou un personnel à l’école, au collège ou au lycée est symptomatique, des tests seront réalisés. Ceci afin de « remonter la chaîne de contamination pour prendre des mesures d’isolement ». Normalement, les cas contacts de l’enfant, ses camarades et ses parents doivent être testés.

Cela pourra conduire à la fermeture d’une classe, voire d’une école, après décision prise avec les autorités de santé. Par ailleurs, selon le site du ministère de l’Education nationale, « les parents s’engagent à ne pas mettre leurs enfants à l’école, au collège ou au lycée en cas de fièvre (38 °C ou plus) ou en cas d’apparition de symptômes évoquant la Covid-19 chez l’élève ou dans sa famille. Les personnels doivent s’appliquer les mêmes règles. »

Que se passe-t-il si votre enfant commence à avoir de la fièvre ou à tousser quand il est à l’école ? L’élève est isolé avec un masque sous la surveillance d’un adulte, qui porte également un masque. Les parents seront rapidement contactés et il vous faudra prendre rendez-vous avec votre médecin avant tout retour en classe.

Christine : « Les tests salivaires verront-ils le jour en France ? Dans combien de temps ? »

Les tests salivaires soulèvent un certain espoir : plus rapides, moins douloureux, ils seraient bien utiles en ces temps de dépistage massif, notamment sur les enfants… Problème, leur fiabilité n’est pas encore acquise. Pour que ces tests salivaires soient validés, et qu’ils soient donc disponibles en France, il faudra attendre les conclusions de plusieurs études qui viennent d’être lancées, a annoncé le ministère de la Santé. « Il faut premièrement s’assurer que la salive est bien un liquide fiable pour mesurer la présence du virus », car le Sars-Cov-2 pourrait y être présent en moins grande quantité que dans le nez et la gorge, précise la direction générale de la Santé (DGS), interrogée par l’AFP. Une étude en ce sens a été lancée en Guyane, au Centre Hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne. Une autre étude « démarrera dans les prochains jours » à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour déterminer si la technique d’analyse dite RT-PCR, qui cherche la présence du matériel génétique du virus, est aussi fiable sur la salive que sur un prélèvement naso-pharyngé. Il est donc un peu tôt pour donner une date…

Florinne : « Si un proche a été testé positif à un test sérologique, est-il nécessaire pour moi d’en faire un aussi ? »

Non, un test sérologique positif, donc sanguin, vous dit que ce proche a été en contact avec le virus, pas qu’il est malade et contagieux en ce moment.

Par contre, si un de vos proches a fait un test virologique positif, PCR donc, vous pourriez être infecté, et donc un « cas contact ». Donc, premier réflexe, appelez votre médecin traitant ou les services de l’Assurance Maladie. Puis, réaliser un test nasopharyngé (PCR), même sans ordonnance, et vous devrez rester en « quatorzaine préventive » le temps de recevoir les résultats.

Si votre conjoint est infecté, il y a peu de doutes, vous devez vous faire tester. Mais si c’est un collègue ? Ce document du ministère du Travail rappelle les situations dans lesquelles le virus risque de se propager : « même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou discussion de plus de 15 minutes en l’absence de mesures de protection ». En clair, c’est dans la cafétéria ou à la cantine que le risque augmente…

Nicolas : « Peut-on faire un test gratuitement, sans ordonnance et où ? »

Depuis le 25 juillet, il n’y a plus besoin d’ordonnance pour réaliser un test PCR, et il n’est pas non plus obligatoire de présenter des symptômes. Par ailleurs, il est désormais remboursé par la Sécurité sociale (ne pas oublier sa carte Vitale quand on va faire le prélèvement !). La question la plus compliquée, c’est plutôt où aller ? La plupart des laboratoires privés proposent des prélèvements sur rendez-vous. Plusieurs sites peuvent être utiles pour prendre rendez-vous : la plateforme Doctolib propose des créneaux spécifiques pour faire le test PCR, tout comme le site santé.fr, réalisé par le ministère de la Santé. Si vous préférez le drive, ce site liste tous les lieux où sont organisés des drive-in en France. Enfin, toutes les Agences régionales de santé proposent sur leur site une carte avec les différents lieux où vous pourriez réaliser un test.

S’il y a urgence ou embouteillage, il est tout de même possible de trouver un laboratoire qui accepte Certains, moins nombreux, acceptent les prises en charge sans rendez-vous , mais il faut en général attendre longtemps, surtout à Paris.