Illustration: Des passants portent un masque le 11 mai 2020 à Paris.
Illustration: Des passants portent un masque le 11 mai 2020 à Paris. — PHILIPPE LOPEZ / AFP

EPIDEMIE

Coronavirus : Propagation, consignes en vigueur, capacité de test… Où en est-on en Ile-de-France ?

Il n’y a pas qu’à Bordeaux, Marseille ou en Guyane, que Sars-CoV-2 regagne du terrain. L’Ile-de-France aussi est concernée. 20 Minutes fait le point sur la situation ainsi que sur les mesures sanitaires en vigueur

« Réussir à vivre avec le virus sans nous laisser entraîner dans une logique de confinement généralisé »… Tel est désormais le mot d’ordre de l’exécutif, du moins celui du Premier ministre Jean Castex annoncé vendredi dernier, à la suite du conseil de défense. Pas si simple en Ile-de-France où le  Sars-CoV-2, responsable de la Covid-19, circule de nouveau activement et où les capacités de test saturent.
20 Minutes fait le point.

Propagation du virus

Sans surprise, les huit départements de l’Ile-de-France figurent parmi les 42 classés rouge, c’est-à-dire en situation de circulation dite active du virus. Si le confinement a été suivi par une diminution nette des recours aux soins pour Covid-19, rappelle Santé Publique France dans son dernier point épidémiologique régionalisé du 10 septembre dernier, cette tendance à la décroissance s’est inversée dès fin juin.

Depuis, la majorité des indicateurs épidémiologiques régionaux tendent à montrer une augmentation de la circulation du virus en Ile-de-France. « En semaine 36 [du 31 août au 6 septembre], le taux d’incidence – c’est-à-dire le nombre de patients ayant un test RT-PCR positif- dépasse désormais les 100 nouveaux cas pour 100.000 habitants en Ile-de-France, contre 93,3 la semaine précédente, précise toujours l’ARS. Seuls sept départements en France dépassent aujourd’hui ce seuil, quatre sont en Ile-de-France : les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, Paris, et depuis peu la Seine-Saint-Denis dépassent aujourd’hui ce taux d’incidence de 100 cas pour 100.000 habitants. Pour rappel, le seuil d’alerte est à 50 et le taux d’incidence nationale est aujourd’hui de 72,5 pour 100.000 habitants. Les 20-30 ans reste la classe d’âge la plus touchée avec un taux d’incidence qui dépasse 150/100.000 habitants dans tous les départements franciliens.

L’Ile-de-France est aussi au-dessus de la moyenne nationale sur le taux de positivité, soit le nombre de tests positifs rapportés au nombre de test PCR effectués en général. Ce taux est de 7 %, quand il est de 5,3 % en France et que le seuil d’attention est fixé à 5 %. Enfin, dernier indicateur dans le rouge : celui des clusters. Toujours en semaine 36, Santé publique France dénombrait 56 clusters en cours d’investigation, contre 45 une semaine plus tôt. Les deux tiers de ces clusters concernent les milieux professionnels, les établissements sociaux d’hébergement et d’insertion et les établissements de santé.

Les consignes en vigueur

Le passage d’un département en zone rouge donne au préfet des pouvoirs renforcés. De la limitation des déplacements dans un rayon de 100 km ou au sein d’un département ou d’une ville, à l’interdiction des rassemblements ou encore la fermeture partielle ou complète des établissements recevant du public. En Ile-de-France, cela se traduit, depuis le 28 août, par l’obligation du port du masque dans tout Paris et la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) pour tous les piétons circulant dans les espaces publics. En Essonne, dans les Yvelines ou en Seine-et-Marne, le masque était déjà obligatoire cet été dans les marchés, les foires, les brocantes et vide-greniers ou encore dans les événements de plein air ouvert aux publics. Il l’est désormais aussi aux abords des gares et des écoles. Enfin, en Val-d’Oise, où le virus circule très activement, le préfet a rendu obligatoire, depuis jeudi dernier, e port du masque dans tout l’espace public des villes de plus de 10.000 habitants.

Voilà pour la principale mesure coercitive en Ile-de-France, en plus de celles qui s’appliquent au niveau national, comme le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos, depuis le 20 juillet.

Augmenter les capacités de tests

C’est l’un des grands enjeux en Ile-de-France. Dans son point du 10 septembre, l’ARS notait que le taux de dépistage s’est stabilisé en Ile-de-France dans la semaine du 31 août au 6 septembre, en restant en dessous des 1.500 tests réalisés pour 100.000 habitants. « Les laboratoires d’analyses sont manifestement proches de leur capacité maximale d’analyse, puisque les délais entre date de prélèvement et date remontée des résultats s’allongent », note Santé publique France dans son point du 10 septembre.

En est-il de même concernant le suivi de l’épidémie en Ile-de-France ? « Pour la première fois en six semaines, le taux d’incidence a ralenti au niveau régional, mais aussi dans chacun des départements, sauf dans le Val-d’Oise », indique ainsi Santé publique France toujours à propos de la semaine 36. On pourrait y voir le signe que le virus perd du terrain en région parisienne. « Cette décélération pourrait être partiellement liée à la stagnation du taux de patients testés », avance prudemment l’agence nationale.

« Fin juin, on faisait 45.000 tests par semaine, aujourd’hui on est à 220.000 et on compte maintenir cet effort quantitatif », indiquait, vendredi, à 20 Minutes, le directeur de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, Aurélien Rousseau. A ce titre, vingt centres de dépistage installés dans des barnums seront déployés à partir de cette semaine dans les huit départements franciliens. « L’activité sera exclusivement dédiée aux tests virologiques RT-PCR. Ils réaliseront à minima 500 tests par jour et fonctionneront 6 jours sur 7 de 8 h à 19 h jusqu’à la fin de la période hivernale, précise l’ARS Ile-de-France sur son site Internet. La réalisation des tests se fera sans rendez-vous, mais avec des plages horaires entièrement dédiées à des publics prioritaires. » Ces vingt barnums, amenés donc à soulager les laboratoires, devraient rester ouverts au moins jusqu’à Noël.

Et demain ?

Faut-il s’attendre à de nouvelles mesures coercitives en Ile-de-France dans les semaines à venir ? Vendredi, Jean Castex a rappelé l’importance d’avoir aux « réponses territoriales adaptées aux situations locales, et non pas « de décisions émanant uniquement de Paris ». Des propos qui consolident un peu plus encore le rôle des préfets dans la lutte contre le Covid-19. Le Premier ministre attend d’ailleurs ce lundi « de nouvelles mesures complémentaires » des préfets dans les territoires marqués par « une évolution préoccupante des contaminations ». Jean Castex citait Marseille, Bordeaux et La Guadeloupe. Pas l’Ile-de-France donc, du moins pas encore. La fermeture des bars et restaurants à 23 h, comme cela a été un temps décidé dans les Bouches-du-Rhône, pourrait revenir sur le tapis. Le 26 août en tout cas, e porte-parole du gouvernement, Gabriel Atal, ne l’excluait pas.