Coronavirus : « Tout risque sanitaire ne peut être exclu » lors du port des masques Dim

PROTECTION A court terme cependant, le risque pour la santé humaine est écarté, confirme l’Anses. C’est à moyen terme que des effets indésirables pourraient se présenter

20 Minutes avec AFP

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Un logo — ERIC PIERMONT / AFP

C’est un avis mitigé qu’a rendu l’agence sanitaire Anses sur les masques de la marque Dim, distribués notamment aux enseignants et accusés d’être traités avec des produits toxiques. L’analyse n’a pas permis de mettre en évidence d’un risque pour la santé, « dans l’hypothèse où les précautions d’emploi seraient strictement respectées ».

L’agence sanitaire rappelle qu’elle « a été saisie en urgence » pour estimer les risques potentiels de ces masques en tissu lavables traités par deux substances actives antimicrobiennes, la zéolithe d’argent et la zéolithe d’argent et cuivre. Ces produits biocides ont été accusés d’être toxiques par le site d’actualité Reporterre. Le ministère de l’Education nationale a suspendu le 20 octobre la distribution aux enseignants de ces masques controversés en attendant les résultats d’une expertise.

Des conditions d’utilisation à respecter

A l’issue de son expertise, l’Anses « a écarté la potentialité d’effets nocifs immédiats et graves pour la santé humaine, un constat conforté par l’absence de signalement auprès des centres antipoison et de toxicovigilance d’effets indésirables avérés liés au port de ces masques ». Pour les risques à moyen terme, elle conclut que « dans l’hypothèse où les précautions d’emploi seraient scrupuleusement respectées, le port de ces masques ne présente pas d’effet nocif pour la santé humaine, notamment de toxicité pour la reproduction ».

« Ces précautions comprennent le lavage avant le premier emploi et après chaque utilisation, le port de 4 heures maximum et le remplacement des masques dès qu’ils sont humides », précise-t-elle. Toutefois, compte tenu des situations pouvant exister dans la vie courante, comme le port de masques sans lavage préalable ou humide, et « des scénarios " pire cas " », l’agence sanitaire considère que des effets toxicologiques à moyen terme tels que « l’accumulation d’ions argent Ag + dans les organes peuvent résulter de ces expositions » et que « des risques sanitaires ne peuvent donc être totalement écartés ».

Encadrer l’utilisation des biocides

Elle relève que le traitement chimique par des substances biocides n’est pas une exigence technique requise pour les masques en tissu. Les fabricants ne sont pas tenus de mentionner ces traitements sur les étiquettes.

L’utilisation des traitements antimicrobiens, en particulier dans les produits de consommation courante, nécessite d’être mieux encadrée, poursuit-elle en indiquant que la mise en place du Règlement Biocide y contribue. Enfin, l’Anses recommande d’accélérer l’évaluation des substances actives au niveau européen afin que les articles traités contiennent uniquement celles qui sont approuvées et adaptées au produit.