Lire Shakespeare est bon pour le cerveau

Philippe Berry

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La première édition d'un volume regroupant l'ensemble des pièces du dramaturge anglais William Shakespeare a été vendue aux enchères pour la somme de 2,8 millions de livres (4,1 M EUR) jeudi à Londres, a-t-on appris auprès de la maison de ventes Sotheby's.
La première édition d'un volume regroupant l'ensemble des pièces du dramaturge anglais William Shakespeare a été vendue aux enchères pour la somme de 2,8 millions de livres (4,1 M EUR) jeudi à Londres, a-t-on appris auprès de la maison de ventes Sotheby's. — John D McHugh AFP/Archives

Préparez-vous un instant. En lisant la phrase qui suit, votre cerveau va être stimulé. «Pour moi, être dans le doute, c'est être résolu!», s’exclame Othello, dans la célèbre tragédie shakespearienne. Des doutes, les chercheurs de l'université de Liverpool n’en ont pas: selon eux, lire Shakespeare est bon pour le cerveau. Un peu comme le controversé «effet Mozart», qui aurait un impact temporaire sur notre QI.

Acrobate des mots, le dramaturge britannique s’est fait une spécialité d’employer un nom à la place d’un verbe, explique Philip Davis, du département d’anglais de l’université. Exemple : «to lip (lèvre, ndlr) a wanton woman» plutôt que «to kiss (embrasser, ndlr) a wanton woman».

«Comme un tour de magie»

Selon Philip Davis, en utilisant des mots inhabituels, Shakespeare «surprend le cerveau, qui devient excité». Mais surprise, cette stimulation est «positive», précise Neil Roberts, qui a analysé l’activité cérébrale des lecteurs cobayes. «C’est un peu comme un tour de magie: on comprend ce qui se passe, mais pas comment», explique le scientifique, précisant qu’habituellement, la lecture d’une phrase mal construire stimule le cerveau «négativement».

Reste à savoir si le «Shakespeare effect» survit à une traduction en français. En attendant une réponse, les professeurs d’anglais ont un argument de poids pour obliger leurs élèves à lire le maître en VO.