Coronavirus : Le confinement pourrait durer six semaines en France, soit jusqu'à fin avril

PANDEMIE Le comité scientifique a rendu son avis, mardi, tandis que la situation devient critique dans les hôpitaux et les Ehpad

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Olivier Véran à l'Elysée, le 24 mars 2020.
Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Olivier Véran à l'Elysée, le 24 mars 2020. — LUDOVIC MARIN-POOL/SIPA

L'avis du conseil scientifique est implacable : il est « indispensable de prolonger le confinement » en France, éventuellement jusqu’à « six semaines au moins ». Alors que le seuil des 1.000 morts dus au coronavirus a été dépassé dans le pays, Olivier Véran a souligné que les six semaines n’étaient à ce stade qu’une « estimation ».

« Le confinement durera vraisemblablement au moins six semaines à compter de sa mise en place » le 17 mars (soit jusqu'à la dernière semaine d'avril), écrit le Conseil, qui dit également « considérer nécessaire un renforcement du confinement », sans se prononcer sur les modalités exactes.

Trois semaines avant de pouvoir mesurer l’efficacité du confinement

« Le conseil scientifique s’est exprimé en donnant une estimation. Ils ont dit : il faut peut-être se préparer à ce que le confinement dure au-delà de 15 jours (durée minimale annoncée initialement), nous le savons, mais peut-être qu’il pourrait s’étendre jusqu’à une date plus lointaine de 5 ou 6 semaines encore une fois, grande prudence », a tempéré le ministre de la Santé. « Si nous avons la possibilité de lever le confinement plus tôt, nous le ferons évidemment », a-t-il insisté, en réitérant que l’avis du Conseil était « une estimation parmi d’autres ».

Dans leur avis, daté du 23 mars, les membres du Conseil estiment encore que « le confinement est actuellement la seule stratégie réellement opérationnelle, l’alternative d’une politique de dépistage à grande échelle et d’isolement des personnes détectées n’étant pas pour l’instant réalisable à l’échelle nationale. Le confinement doit être strictement mis en oeuvre et bénéficier d’une large adhésion de la population, comme ceci semble être le cas ». Concernant son efficacité ils soulignent également que « trois semaines (…) sont nécessaires pour obtenir une première estimation de son impact ».

Le seuil des 1.000 morts dépassé, inquiétude dans les Ehpad

Selon le bilan des autorités sanitaires mardi soir, 1.100 décès (+240 en 24 heures, un plus haut) ont été enregistrés à l’hôpital depuis le début de l’épidémie de Covid-19 et 2.516 patients étaient mardi soir en réanimation (+434) sur un total de 10.176 patients hospitalisés. La courbe des décès cumulés, qui doublent tous les 2,5 jours environ en France, continue de suivre de près celle de l’Italie.

Et encore, les décès en milieu hospitalier « ne représentent qu’une faible part de la mortalité » dans le pays, a relevé le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, citant l’autre lieu de forte mortalité que sont les Ehpad. Un « suivi quotidien de la mortalité » dans ces établissements pour personnes âgées va d’ailleurs être instauré. Le bilan est particulièrement cruel dans les maisons de retraite : 16 décès dans un établissement de Saint-Dizier (Haute-Marne), sept dans un Ehpad en Haute-Savoie, 20 dans un autre dans les Vosges.

Dans l’Est, la mobilisation s’accentue pour soulager les hôpitaux : un premier malade a été admis dans l’hôpital de campagne de l’armée à Mulhouse et une trentaine d’autres seront évacués mercredi par TGV pour soulager l’Alsace, la région la plus frappée par le coronavirus.

Ce « TGV médicalisé », une première en Europe, sera mobilisé pour la première fois pour transférer des patients depuis Strasbourg et Mulhouse vers des régions moins touchées par l’épidémie, a annoncé Olivier Véran devant les députés. Emmanuel Macron se rendra mercredi à l’hôpital de campagne de l’armée à Mulhouse « pour rendre hommage au personnel soignant » et « témoigner sa solidarité envers la région Grand Est, fortement éprouvée » par la crise du coronavirus.