Un chantier à l'arrêt dans le 13e arrondissement de Paris, le 23 mars 2020.
Un chantier à l'arrêt dans le 13e arrondissement de Paris, le 23 mars 2020. — Thomas SAMSON / AFP

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Coronavirus : La perte d’activité économique en France actuellement estimée à 35 %

Certains secteurs, comme l’hôtellerie ou les transports, pourraient être massivement touchés

Face aux mesures de confinement, l’Insee a sorti la calculatrice. Selon l’organisme de statistiques, la France pourrait connaître une perte d’activité de 35 % à cause de la crise du Covid-19, avec un effet « assez hétérogène » selon les secteurs.

Si la situation actuelle durait un mois, elle pourrait coûter 3 points de produit intérieur brut (PIB) à la France sur l’année. Si le confinement devait durer deux mois, la perte de PIB serait de 6 points sur un an, ajoute l’Insee qui précise toutefois « qu’il n’est pas aisé » de faire une telle prévision.

Pertes massives dans la construction et les transports

Pour évaluer la perte d’activité selon les secteurs, l’Insee a utilisé des données issues de remontées directes des entreprises et des fédérations professionnelles, mais aussi, de manière plus inédite, les données de consommation d’énergie, d’utilisation des transports ferroviaires ou sur les transactions par cartes bancaires. Ainsi, si les activités agricoles « devraient se poursuivre un peu en deçà de la normale », tout comme les industries agroalimentaires, en revanche « seule la moitié de l’activité du reste de l’industrie serait maintenue » actuellement.

De même, la construction essuierait une perte massive de 89 %, et les services marchands d’environ 36 %, certains d’entre eux étant très affectés, comme les transports, l’hôtellerie ou la restauration, mais d’autres beaucoup moins, comme les télécommunications ou les versements de loyers immobiliers. Les services non marchands (éducation, garde d’enfants, activités sportives) enregistreraient un manque d’activité de 14 %.

Trop d’incertitude, même pour l’Insee

Le calcul d’une perte d’activité d’environ 35 % « semble cohérent avec les premières informations disponibles sur la situation des salariés, dont un tiers serait en activité sur le lieu habituel de travail, un tiers en télétravail et le dernier tiers en chômage partiel », précise l’Insee.

La consommation des ménages est également actuellement inférieure d’un tiers (35 %) à sa normale, évalue encore l’institut, du fait notamment de la réduction « au minimum » de certaines dépenses, comme le textile, l’habillement mais aussi certains biens de l’industrie manufacturière. L’Insee a suspendu la publication de sa prévision de croissance annuelle du fait de l’incertitude de la situation.

L’évolution de la progression du PIB « est très étroitement liée au scénario de sortie de crise sanitaire », souligne l’institut, ajoutant qu'« il n’est pas exclu que le retour à la normale ne soit pas immédiat ».