VIDEO. Coronavirus à Rennes : 65 musiciens et chanteurs et 30 danseurs confinés livrent un incroyable morceau

MUSIQUE Huit minutes de « feel good music » ont été partagées ce jeudi sur les réseaux sociaux

Camille Allain

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Image extraite du morceau Co Rennes A Virus réalisé par un collectif d'artistes rennais lors de l'épisode de confinement lié à l'épidémie de coronavirus.
Image extraite du morceau Co Rennes A Virus réalisé par un collectif d'artistes rennais lors de l'épisode de confinement lié à l'épidémie de coronavirus. — Capture d'écran Youtube
  • Un collectif d’artistes confinés s’est improvisé à Rennes pour donner naissance à un morceau « Co Rennes a Virus ».
  • Initié par le pianiste Edouard Leys, le projet a été diffusé ce jeudi «pour donner du baume au cœur» de la France confinée.
  • Soixante-cinq musiciens et chanteurs et une trentaine de danseurs y ont participé.

Des sourires, de la bonne humeur, de la musique, de la danse. Oui, elle fait du bien cette vidéo. Mis sur pied par des artistes rennais soumis comme tout le monde au confinement, le projet Co-Rennes-a-virus est une vraie bouffée d’oxygène en cette étrange période de repli sur soi. Depuis dix jours, 65 musiciens et chanteurs travaillent à la confection d’un morceau de musique inédit. Diffusé ce jeudi à 18 h, le titre long de huit minutes a été entièrement composé par des artistes calfeutrés à leur domicile pour lutter contre la propagation du Covid-19.

L’idée a germé dans l’esprit d’Edouard Leys, un pianiste installé à Rennes. « Quand on a annoncé les premières mesures de confinement, j’ai réalisé qu’on ne pourrait plus jouer de musique avec les copains, qu’on ne pourrait plus la partager. J’ai eu une espèce de flash et j’ai eu envie de monter un titre collaboratif », raconte le musicien. Edouard décide alors d’adresser quelques mails et messages à son réseau habituel. « J’avais glissé une vingtaine de secondes de piano pour lancer la machine. Mais je ne voulais pas composer seul. Je voulais que ce soit collectif ».

« Il ne savait pas dans quoi il s’embarquait »

La magie du confinement a fait le reste et très vite, le pianiste s’est retrouvé avec des centaines de pistes composées aux quatre coins de la ville. Du saxophone, de la batterie, de la guitare, de la basse enregistrés par un ordinateur, un téléphone portable ou du matériel plus pro. Peu importe le moyen, pourvu que ça sonne. « Il ne savait pas dans quoi il s’embarquait, ni si les gens allaient répondre présent. C’est so XXIe siècle de faire un morceau à distance. Ça donne envie de créer des morceaux avec des gens du monde entier », témoigne Maël Morel, saxophoniste du Natâh Big Band qui a participé à ce We are the world version Bretagne confinée.

Le résultat est bluffant. En dix jours, la scène rennaise a réussi à mettre sur pied un morceau très rythmé aux accents groove et funk tantôt chanté, tantôt rappé. Da Titcha, Marion Rouxin, Leila (sans ses Koalas), des membres du Pied de la Pompe ou des groupes Lo’jo ou Songo ont accepté de se filmer dans leur confinement. « Ce n’est qu’une petite partie de la scène rennaise mais ça montre à quel point elle est énorme », se réjouit Edouard Leys. Le chef d’orchestre de ce projet espère maintenant que la vidéo va apporter « un peu de baume au cœur » des gens confinés.

Pour les artistes, qui ont vu toutes leurs dates de concerts ou leurs répétitions être annulées en avril, ce projet Co-Rennes- a-Virus fut aussi une occasion de se connaître, d’échanger et de « sortir » du confinement. « Au-delà de la création artistique, le plus important c’est la connexion entre musiciens qu’a permis ce projet. Ça traduit ce besoin inaltérable de continuer à faire des choses ensemble », estime Lucas Elzière, chanteur du groupe MoHican qui a participé au projet. Oui, Rennes reste une ville rock.