D'importantes restrictions en matière de déplacements sont en vigueur en raison du coronavirus.
D'importantes restrictions en matière de déplacements sont en vigueur en raison du coronavirus. — I. Harsin

ECLAIRAGE

Vos questions sur le coronavirus : Est-il possible de rendre visite à ses parents isolés malgré le confinement ?

Pas facile de s'y retrouver dans le flux d'informations qui tombent sur le coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé… En cette période de confinement lié au coronavirus, cette citation du poème L’Isolement, de Lamartine, résonne encore plus cruellement. Ainsi, nombre de lecteurs de 20 Minutes cherchent à savoir s’ils ont encore le droit de rejoindre leurs proches, et sous quelles conditions.

Jean-Louis, dont le « père est âgé de 91 ans et vit à 30 km [de chez lui] dans un petit village, aimerait lui rendre visite et lui faire les courses ». Christian, qui habite Bayonne, souhaite, lui, « faire l’aller-retour jusqu’à Nantes, où [s]a mère vit seule, et l’héberger jusqu’à la fin du confinement ».

Un désir et un besoin de rapprochement qui concerne aussi les plus jeunes, à l’image de Juliette. Cette étudiante réside dans un appartement en ville et aimerait rejoindre ses parents à la campagne : « Quel est le motif pour me déplacer ? », demande-t-elle. Quant à Eric, peut-il « avancer comme motif familial impérieux » le fait que les trains ne circulent plus jusqu’à Nantes pour aller récupérer sa fille à Paris, où elle doit atterrir après avoir été bloquée au Portugal ?

De l’aide pour les courses, l’hébergement déconseillé

Sur le site du ministère de l’Intérieur, à la page consacrée aux questions sur le Covid-19, est posée celle-ci : « Puis-je rendre visite à une personne âgée ? » La réponse est la suivante :

« Les visites aux personnes fragiles et âgées à domicile comme dans les établissements médico-sociaux sont suspendues. Les mineurs et les personnes malades ne peuvent plus accéder à ces établissements, maternités comprises. En revanche, les services de soins et d’accompagnement à domicile continuent à intervenir auprès des plus fragiles lorsque cela est nécessaire ; ils doivent néanmoins appliquer les gestes barrières avec une attention extrême. »

Toutefois, peu après, à la question « puis-je aller auprès de parents dépendants ou de proches ? », on peut lire ceci :

« Uniquement pour vous occuper de personnes vulnérables comme, par exemple, les personnes handicapées et en vous rappelant que les seniors sont les personnes les plus vulnérables : il faut les protéger le plus possible de tout contact et porter une attention encore renforcée aux gestes barrières. »

Par ailleurs, est considéré comme « motif familial impérieux », entre autres, « l’accompagnement d’une personne vulnérable ou non autonome ».

Pour aller plus loin, 20 Minutes a appelé le numéro vert gratuit (0.800.130.000). Au bout du fil, un membre de cette plateforme a précisé que « faire des courses pour une personne âgée vulnérable est autorisé. En revanche, il faut éviter à cette dernière tout déplacement et toute mise en contact avec autrui. La placer chez soi pour poursuivre le confinement est donc déconseillé. »

En conclusion, muni d’une attestation dérogatoire de déplacement dûment remplie, Jean-Louis est autorisé à rendre visite à son père pour lui faire ses emplettes. En revanche, il est déconseillé à Christian « d’exfiltrer » sa mère. S’il le faisait, il faudrait qu’il « ait avec lui une attestation du médecin généraliste ou du spécialiste de sa mère justifiant de la pathologie de cette dernière », précise notre interlocuteur.

Un seul lieu de résidence pour le confinement

Pour ce qui est du cas de Juliette et de la fille d’Eric, on l’aura compris, ni l’un ni l’autre ne seraient être soumis à des exceptions. Les transports ne sont désormais autorisés que « pour se rendre sur son lieu de travail », et, précise le site du ministère de l’Intérieur, « si vous avez choisi de débuter la période de confinement dans votre résidence secondaire, vous devez y rester. Seule la fin d’un bail de location est un motif impérieux pour rentrer dans votre résidence principale. »

Pour rappel, toute infraction à ces règles est aujourd’hui sanctionnée d’une amende de 135 euros avec une possible majoration à 375 euros et 1.500 euros en cas de récidive.

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Merci par avance (et prenez soin de vous) !