Lyon : Après avoir insulté une élue en conseil municipal, Gérard Collomb attendu pour des excuses publiques

DERAPAGE La principale intéressée critiquait sa décision de ne pas rouvrir les marchés alimentaires dès le 8 avril

Caroline Girardon

— 

Gérard Collomb, maire de Lyon.
Gérard Collomb, maire de Lyon. — Konrad K. / Sipa
  • Pensant que son micro était éteint, Gérard Collomb a insulté une élue lors du conseil municipal du 7 mai.
  • Le maire de Lyon lui a présenté ses excuses le lendemain mais cette dernière a exigé depuis des excuses publiques lors du prochain conseil municipal.

Un micro qu’il pensait éteint. Des insultes proférées à l’encontre d’une élue de sa majorité en plein conseil municipal. Une vidéo relayée sur les réseaux sociaux et la machine s’est emballée.Gérard Collomb, le maire de Lyon , a tenté d’éteindre l’incendie qu’il a lui-même allumé le 7 mai, date du dernier conseil municipal en visioconférence.

Mais ses excuses, envoyées dans un communiqué à la presse le lendemain midi, n’ont guère convaincu. A commencer par la principale intéressée, Myriam Picot, la maire du 7e arrondissement de Lyon, qui a exigé depuis des excuses publiques lors du prochain conseil municipal.

« Une dérive autocratique liée à une usure du pouvoir »

« Cette manifestation d’irascibilité, doublée d’un mépris affiché pour tous ceux qui expriment une opinion divergente, démontre une nature bien peu compatible avec les qualités qu’exige l’exercice de la vie démocratique et la sérénité qui doit impérativement présider à la gestion d’une crise sanitaire majeure telle que celle que nous traversons » a réagi l’élue.

Alors que Myriam Picot lui reprochait de ne pas avoir consulté les maires d’arrondissements sur la décision de ne pas rouvrir les marchés le 8 avril, Gérard Collomb s’est emporté, lâchant cette phrase : « Mais quelle conne ».

« Ce dérapage et d’autres observés tout au long du conseil municipal témoignent d’une dérive autocratique liée à une usure du pouvoir », souligne le groupe Progressistes et Républicains, auquel appartient Myriam Picot, qualifiant ces propos de « condamnables », « inacceptables » et « pas du tout à la hauteur » des responsabilités du maire de Lyon.

« Ce mot m’a échappé »

« Ses reproches (…) alors que nous étions au pic de la pandémie et que nos hôpitaux étaient surchargés m’ont tellement semblé décalés par rapport à l’urgence de la situation que ce mot m’a échappé », s’est justifié le maire de Lyon dans un communiqué envoyé à la presse. Et d’ajouter : « Suite au Conseil municipal, je m’excuse bien évidemment auprès de Myriam Picot – que j’ai tenue à joindre par téléphone – pour cet aparté qui était inadapté et qui ne correspond pas à ce que je pense de cette élue », à laquelle il a notamment confié à la Métropole la délégation à la culture.

« Cet épisode ne reflète pas la teneur du Conseil municipal placé plutôt sous le signe d’une volonté de lutter ensemble contre la pandémie au-delà de toute distinction partisane », a-t-il conclu. Sans empêcher la vague de critiques de continuer à déferler.