Coronavirus en Bretagne : Les pêcheurs ont repris la mer mais ont toujours la tête sous l’eau

CRISE Le comité régional des pêches maritimes de Bretagne a adressé un courrier au gouvernement pour l’alerter sur la situation de la filière

J.G. avec AFP

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Illustration d'un bateau de pêche dans le port du Guilvinec.
Illustration d'un bateau de pêche dans le port du Guilvinec. — Fred Tanneau / AFP

Malgré le déconfinement, les pêcheurs broient toujours du noir en Bretagne. « La situation est extrêmement compliquée », indique Olivier Le Nezet, président du comité régional des pêches maritimes de Bretagne. « L’impact du Covid-19 sur la filière est beaucoup plus important maintenant que pendant le confinement », assure celui qui est également à la tête de l’association Breizhmer, qui réunit les acteurs de la filière pêche et aquaculture bretonne.

Dans un courrier adressé au gouvernement et daté de lundi, il explique que le « marché ne peut pas absorber l’ensemble des débarquements », alors que la plupart des navires ont repris la mer. « Les prix se sont effondrés et même lorsque les captures trouvent acheteurs, les armements sont très en deçà des seuils de rentabilité », poursuit la missive.

La filière réclame la poursuite des aides

La reprise d'activité de la restauration « ne suffira pas à inverser la tendance », estime Olivier Le Nezet, jugeant que la situation est aggravée « par un regain inédit des importations de produits halieutiques depuis le début du confinement ».

« Ces importations à des prix anormalement bas ne sont ni fortuites ni anecdotiques. Il est évident que la pêche britannique, à l’origine de nombre de ces importations, profite de cette situation pour s’installer sur le marché français et renforcer sa position dans les négociations en cours du Brexit », dénonce la filière dans son courrier adressé au Premier ministre et aux ministres de l’Economie, des Affaires étrangères et de l’Agriculture. Elle demande à l’Etat de continuer à soutenir la filière en maintenant les arrêts temporaires et les aides à l’activité partielle jusqu’à fin septembre.