La France a rapatrié dans la nuit dix enfants de djihadistes français de Syrie

RETOUR Environ 300 enfants de djihadistes français sont toujours retenus dans des camps dans le nord-est de la Syrie

20 Minutes avec AFP

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Un soldat kurde garde le camp d'al-Hol en Syrie, le 6 février 2020.
Un soldat kurde garde le camp d'al-Hol en Syrie, le 6 février 2020. — Delil SOULEIMAN / AFP

Ils étaient retenus dans des camps de déplacés en Syrie. Dix enfants de djihadistes français ont été rapatriés en France dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères.

Aucune précision n’a été donnée sur leur lieu d’arrivée en France, ni sur les circonstances dans lesquelles ils ont quitté la Syrie. « La France a procédé ce jour au retour de dix jeunes enfants français mineurs, orphelins ou cas humanitaires, qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Ces enfants ont été remis aux autorités judiciaires françaises, font désormais l’objet d’un suivi médical particulier et d’une prise en charge par les services sociaux », a seulement précisé le Quai d’Orsay.

Trois cents enfants toujours retenus dans des camps

Depuis l’effondrement du groupe Etat islamique en mars 2019, la France a ramené 18 enfants de Syrie : 5 en mars 2019, 12 en juin 2019 et une fillette souffrant de malformation cardiaque en avril. Paris a « remercié » l’administration semi-autonome kurde du nord-est de la Syrie pour sa « coopération » dans ce nouveau rapatriement, soulignant avoir agi « au regard de la situation de ces jeunes enfants particulièrement vulnérables et dans le cadre des autorisations données par les responsables locaux ».

Selon le collectif Familles unies, qui regroupe des proches de ces enfants en France, quelque 300 enfants de djihadistes français sont retenus sous des tentes dans les camps d’Al-Hol et de Roj dans le nord-est de la Syrie.

Un rapatriement moins facile pour les adultes

Le collectif demande régulièrement aux autorités françaises d’organiser le rapatriement de ces enfants, ainsi que celui de leurs mères. La France rechigne à ramener les quelque 150 adultes, hommes et femmes, qu’elle estime complices de Daesh et dont elle souhaite le jugement sur place.

La situation est par ailleurs compliquée pour les enfants non orphelins, pour lesquels l’autorisation de la mère est nécessaire. Les autorités kurdes affirment détenir environ 12.000 étrangers, 4.000 femmes et 8.000 enfants, dans trois camps de déplacés du nord-est, la grande majorité dans celui d’Al-Hol.

Elles ont souvent appelé les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants, affirmant ne pas être en mesure de les garder beaucoup plus longtemps. Un appel aussi régulièrement relayé par les Etats-Unis, qui s’inquiètent du risque d’évasion et de dispersion des djihadistes.