Fini de rire, Cannes met à l’amende les consommateurs de gaz hilarant

SANTE La ville est la première de la Côte d’Azur à prendre des arrêtés pour encadrer la vente et la « consommation » de protoxyde d’azote

Fabien Binacchi

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Des cartouches de ce gaz détourné sont retrouvées dans les caniveaux.
Des cartouches de ce gaz détourné sont retrouvées dans les caniveaux. — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • La mairie de Cannes vient de prendre deux arrêtés pour tenter de juguler le détournement du protoxyde d’azote, consommé « par inhalation comme drogue ».
  • Jusqu’au 30 septembre, les commerces ont interdiction d’en vendre aux mineurs alors que la détention et la consommation sont également proscrites en centre-ville.

Ces petites cartouches fleurissent un peu partout dans les caniveaux ou sur la plage… Et au-delà de l’alerte environnementale, c’est surtout l’inquiétude sanitaire qui a poussé le maire de Cannes à prendre position, car la tendance est grandissante, notamment chez les très jeunes, et les effets sur la santé potentiellement gravissimes.

Elle concerne le détournement du « proto », le protoxyde d’azote consommé « par inhalation comme drogue » le plus souvent dans des ballons de baudruche.

Combler un « vide juridique »

David Lisnard (LR) vient de prendre deux arrêtés pour réglementer, pendant l’été au moins, l’achat et l’usage de ce gaz « hilarant » normalement utilisé dans les siphons à chantilly. Une première dans le département des Alpes-Maritimes. Jusqu’au 30 septembre, les commerces ont en effet interdiction d’en vendre aux mineurs sous peine d’amende (38 €). La détention et la consommation sont également proscrites en centre-ville et sur le littoral.

« On se retrouve face à un vide juridique. En attendant une loi, le maire a préféré prendre les devants alors que nous voyons le phénomène se généraliser, explique à 20 Minutes le directeur de la police municipale, Yves Daros. Des groupes se forment et en consomment. »

Accidents et troubles neurologiques

Début juin, appuyée par « des signalements provenant des services de police et de gendarmerie » faisant « état d’une recrudescence de l’usage détourné de cartouches de protoxyde d’azote », la préfecture avait elle-même lancé l’alerte. A cause des vertiges et des malaises que le gaz peut provoquer, « le premier risque est celui d’accident et de mise en danger de la vie d’autrui » pointaient notamment les services de l’Etat.

Ils rappelaient également que « la direction générale de la Santé avait mis en garde contre cet usage détourné, suite à l’augmentation alarmante de troubles neurologiques graves liés à cette pratique ».