Lyon : Suspecté d’avoir traité de « bougnoule » le maire de Givors, un sexagénaire jugé ce vendredi

ENQUETE Un homme d’une soixantaine d’années, qui signait ses lettres « des retraités français » sera jugé ce vendredi en comparution immédiate après avoir reconnu les faits en garde à vue

C.G. avec AFP

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Echarpe de maire, illustration
Echarpe de maire, illustration — HAMILTON-POOL/SIPA

Un homme suspecté d’être l’auteur d’un courrier anonyme qui traitait de «bougnoule» le maire de Givors, Mohamed Boudjellaba, et le menaçait de mort, a été placé en garde à vue jeudi, a-t-on appris auprès du parquet. Il sera jugé vendredi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de  Lyon.

« Fous le camp bougnoule si tu ne veux pas brûler comme une merguez », « La guerre tu vas l’avoir », « On sait encore se servir d’une mitraillette », « tu sais comment ça fait une bombe dans une habitation, ça fait boum » : le courrier dont Mohamed Boudjellaba avait publié des extraits sur Twitter en août était particulièrement haineux et violent à son égard.

Un habitué des faits ?

C’est l’intervention d’une habitante de Givors qui a permis de retrouver l’auteur présumé du courrier. En décembre 2018, elle en avait reçu un similaire et avait déposé une plainte, classée sans suite six mois plus tard. Dès qu’elle a entendu parler de la lettre reçue par le maire de la ville, la trentenaire a prévenu le commissariat de Givors car les deux missives comportaient de nombreuses expressions communes.

À l’époque, elle avait soupçonné son voisin du dessus. Âgé d’une soixantaine d’années, cet homme avait affiché son hostilité dans un contexte de voisinage conflictuel, dans des termes qui laissaient transparaître le racisme.

Des courriers adressés à Brigitte Macron et Jean Castex

Le courrier reçu par l’habitante, signé de « retraités français », faisait allusion à l’attentat du Bataclan et proférait de lourdes menaces. « J’ai eu très peur, j’ai été obligée de déménager », confie aujourd’hui cette mère de quatre enfants.

Les enquêteurs ont interpellé le voisin, qui a reconnu les faits lors de sa garde à vue. Il a également indiqué avoir envoyé le même type de courrier à Brigitte Macron et Jean Castex, précise la Sûreté du Rhône, ajoutant que le suspect compte 5 antécédents judiciaires.

Le maire de Givors, élu fin juin sous l’étiquette DVG-EELV, avait porté plainte et reçu le soutien du gouvernement. « Quatre pages de répugnances non signées. Une enquête est ouverte pour retrouver cet "anonyme" et le présenter à la Justice », avait tweeté le Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. « S’en prendre à un élu c’est s’en prendre à la République. La haine n’a pas sa place dans notre société », avait réagi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.