Lyon : Se démarquant de ses prédécesseurs, Grégory Doucet boycotte la cérémonie du Vœu des Echevins

TRADITION L’édile a toutefois prévu de faire un discours à l’issue de la cérémonie religieuse à laquelle il n’assistera pas

C.G. avec AFP

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Chaque 8 septembre, les autorités religieuses bénissent la ville de Lyon de Fourvière, perpétuant ainsi la tradition du voeu des échevins datan de 1643.
Chaque 8 septembre, les autorités religieuses bénissent la ville de Lyon de Fourvière, perpétuant ainsi la tradition du voeu des échevins datan de 1643. — Konrad/Sipa
  • Pour la première fois depuis des décennies, le maire de Lyon ne participera pas à la cérémonie religieuse du voeu des Echevins, prévue mardi 8 septembre.
  • Grégory Doucet invoque le principe de laïcité.
  • Il a néanmoins prévu de faire un discours à l’issue de la cérémonie qu’il est le premier à boycotter depuis Edouard Herriot.

Contrairement à ses prédécesseurs de droite et de gauche, qui se pliaient religieusement à la tradition, le maire EELV de  Lyon Grégory Doucet a annoncé qu’il ne participerait pas, mardi, à la cérémonie religieuse de renouvellement du Vœu des Échevins. Une coutume qui remonte à 1643.

« Dans mon interprétation des règles de laïcité, je laisse les croyants réaliser cette cérémonie », s’est-il justifié lundi matin sur BFM Lyon, à la veille de l’événement, précisant toutefois qu’il ferait un discours à l’issue. « J’ai souhaité pouvoir m’adresser aux croyants, aux catholiques qui seront présents, parce qu’il me semble nécessaire, indispensable, qu’il y ait un dialogue », argumente l’élu.

La tradition du vœu des échevins remonte à 1643. Alors que la peste fait rage en Europe, les marchands qui dirigent la ville s’engagent alors à remettre une offrande à l’Église, chaque 8 septembre, pour placer la cité sous la protection de la Vierge Marie.

Revirement de situation

Le franc-maçon Gérard Collomb, avant lui Raymond Barre et Michel Noir, ont ainsi remis un écu symbolique à l’archevêque de Lyon lors d’une cérémonie à la Basilique de Fourvière, où se pressent nombre d’élus de tous bords chaque année, au grand regret des associations laïques locales.

Au lendemain de son élection il y a deux mois à la tête de la ville, où l’influence de l’Église catholique est importante, Grégory Doucet avait indiqué au mensuel Lyon Capitale qu’il participerait « probablement » à la cérémonie, tout en précisant vouloir d’ici là « réfléchir au symbole que l’on veut donner à cette présence ».

La pression de l’extrême gauche ?

De quoi heurter ses partenaires politiques les plus à gauche au sein de la majorité municipale. La semaine dernière, les élus du groupe « Lyon en Commun », dont fait partie l’adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert qui avait candidaté aux élections avec le soutien de LFI, avaient protesté dans un communiqué de presse. « L’argument de la tradition, souvent employé par les élus participants, ne tient pas à partir du moment où certains maires comme (le radical) Édouard Herriot avaient refusé d’y participer », avait estimé le président du groupe, Alexandre Chevalier.

Interrogé sur la décision de l’élu écologiste, Michel Dubost, administrateur apostolique du diocèse de Lyon depuis le retrait du cardinal Barbarin, a répondu qu’il n’en faisait pas « une maladie ». « Je ne comprends pas tout à fait que quelqu’un vienne à une fête pour parler, sans participer à la fête », poursuit-il sur BFM Lyon. Et de conclure : « Je trouve bien que les gens donnent leur avis et je suis contente que M. Doucet vienne parler » à la communauté catholique.