Coronavirus en Bretagne : « On crève dans l’indifférence générale », crient les patrons de discothèques

COLERE NOIRE Plus d’une centaine de gérants d’établissements de nuit se sont rassemblés à Rennes ce mercredi après-midi

Jérôme Gicquel

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En silence, plus d'une centaine de gérants de discothèques venus de toute la Bretagne se sont rassemblés ce mercredi après-midi à Rennes.
En silence, plus d'une centaine de gérants de discothèques venus de toute la Bretagne se sont rassemblés ce mercredi après-midi à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Le monde de la nuit s’est rassemblé à Rennes ce mercredi après-midi.
  • En plein désarroi, les gérants de discothèques réclament au Gouvernement des aides financières.
  • Ils s’estiment aussi délaissés avec aucune date de réouverture qui n’a pour l’heure été fixée.

Ils sont venus des quatre coins de la Bretagne, tous habillés en noir. Comme leur humeur depuis plus de six mois et le début de la crise sanitaire. En silence, plus d’une centaine de gérants de discothèques se sont rassemblés ce mercredi après-midi sur la place de la mairie à Rennes pour crier leur désarroi. « Tous les autres commerces, les bars, les restaurants ont rouvert mais pas nous » s’insurge Dominic Rousseau, patron du Stanley à Saint-Grégoire près de Rennes et porte-parole du Collectif des discothèques d’Ille-et-Vilaine.

Sans aucune rentrée d’argent depuis la mi-mars, ils craignent tous pour la survie de leur entreprise. « On est en train de crever dans l’indifférence générale, dénonce Eric Le Merrer, gérant du Sambahia à Paimpol (Côtes-d’Armor). Je n’ai plus aucune recette mais je dois continuer à payer le loyer, les charges fixes. Et il faut bien remplir le frigo aussi à la maison et rembourser les crédits ».

Une détresse financière mais aussi psychologique

Dans le courant de l’été, le Gouvernement avait pourtant annoncé des aides pour le monde de la nuit. Mais à en croire Dominic Rousseau, elles tardent à arriver. « Cela met en péril toute la trésorerie de nos établissements et si ça continue, cela va être l’hécatombe », assure-t-il, évoquant le chiffre de 300 discothèques qui auraient ainsi déjà déposé le bilan en raison de l’épidémie de Covid-19.

Pour ces patrons, la détresse n’est pas que financière. « Toute la profession est meurtrie et fragilisée, certains ne dorment plus », souligne Dominic Rousseau. Gérant de l’Etrier à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor), Eric Martin se sent quant à lui « inutile ». « J’ai envie de travailler mais je n’en ai pas le droit », déplore-t-il.

« Nous n’avons aucun horizon »

Dans le flou le plus total, les patrons de discothèques attendent aussi et surtout que le Gouvernement s’intéresse à leur sort. « On a vraiment l’impression qu’ils s’en foutent de nous », soupire Eric Le Merrer. Pour l’heure, aucune date de réouverture n’a en effet été fixée même si certains évoquent une fermeture jusqu’en avril 2021. « Comment voulez-vous qu’on se projette dans l’avenir ? Nous n’avons aucun horizon », souligne Dominic Rousseau, qui espère comme tous ses collègues « que la nuit reprenne vite ses droits ».