Attentat à Nice : Quatre ans après, les habitants replongent dans l'angoisse du terrorisme

TERRORISME Après l’attentat de la Promenade des Anglais revendiqué par l'organisation de l'Etat islamique en 2016, c’est dans la basilique Notre-Dame de Nice qu’un nouvel attentat a été commis

Michel Bernouin

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Attaque au couteau à Nice : Trois personnes tuées dans l'attaque d'une église — 20 Minutes
  • Un homme a tué trois personnes ce matin dans la basilique Notre-Dame de Nice.
  • Selon le maire de la ville, Christian Estrosi (LR), « Nice est une fois de plus victime de l’islamo fascisme ».
  • Cet attentat ravive le souvenir du 14 juillet 2016, lorsqu'un homme avait tué 86 personnes dans un acte revendiqué par l'Etat islamique.

Face à la basilique Notre Dame de Nice, derrière les rubalises blanches et rouges qui barrent l’accès à l’édifice religieux où un assaillant armé d’un couteau a tué trois personnes, Michèle est en larmes. « On vient d’apprendre que notre sacristain a été assassiné. C’est un choc. Je l’imagine, je le vois toujours en train d’allumer les bougies. Et là on me dit qu’il n’est plus ! », souffle la jeune paroissienne effondrée. A ses côtés, Laura, qui fréquente aussi assidûment la paroisse, est révoltée autant qu’émue : « Tuer des chrétiens dans l’église ! Vous imaginez ? Nous sommes vraiment leur cible ! »

« Nice comme la France aujourd’hui est en train de payer un tribut beaucoup trop lourd, en étant une fois de plus victime de l’islamo fascisme », avait déclaré un peu plus tôt le maire de Nice, Christian Estrosi, venu à la rencontre des journalistes massés sur « l’avenue ». « Il ne fait aucun doute que l’auteur de ces actes, qui n’a cessé de répéter en boucle devant nous "Allahou Akbar, Allahou Akbar" alors qu’il était médicalisé sur place, [se réclame de cette mouvance] », a indiqué le maire. Au téléphone, une femme chargée de paquets partage son désarroi : « Notre religion elle est foutue en l’air, j’en peux plus. »

Le souvenir du 14-Juillet

Cette attaque terroriste, qui survient moins de deux semaines après celle dont a été victime Samuel Paty, ravive surtout à Nice le souvenir de l’attentat du 14 juillet 2016, sur la Promenade des Anglais toute proche. Un camion-bélier conduit par un Tunisien habitant la ville avait causé la mort de 86 personnes, et fait plus de 400 blessés parmi les badauds venus assister au feu d’artifice. L’Etat islamique avait revendiqué le carnage deux jours plus tard.

« Nous assistons tristes et impuissants à ce nouvel attentat qui ravive la douleur de nos plaies pas encore cicatrisées » écrit sur sa page Facebook l'association Promenade des Anges, qui rassemble des victimes de cet attentat du 14-Juillet. Cette fois c’est une église qui est a été le théâtre du drame. Une église située au cœur de Nice, sur l’avenue Jean-Médecin, l’axe le plus commerçant de la ville. Une église adossée à un quartier où la communauté musulmane est très nombreuse.

« Nous ne tomberons pas dans ce piège »

« Il y a une tentative de prendre la France en otage par rapport à ses musulmans, juge Boubekeur Bekri, le vice-président du conseil régional du culte musulman Provence Alpes Côte d’Azur. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Je voudrais dire avec force, avec toutes nos tripes, combien nous sommes consternés et révoltés. Nous sommes des gens qui sont là pour notre pays, la France. Ceux qui ont cru que nous sommes le maillon faible se trompent lourdement. Nous refusons ! »

En ce début d’après-midi, alors que le Président de la République se rendait sur place, la vie suivait son cours – presque – normalement dans les rues commerçantes autour de la basilique. A la veille d’un nouveau confinement, les badauds vont et viennent d’un magasin à l’autre, ignorant parfois tout de l’horreur qui s’est produite à quelques mètres d’eux.