Touré contré in-extremis par les Bordelais.
Touré contré in-extremis par les Bordelais. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

FOOTBALL

FC Nantes-Bordeaux : Sala aurait été comblé par l’hommage, beaucoup moins par le derby

David Phelippeau

Le FC Nantes est passé complètement à côté de sa rencontre hommage à Sala, dimanche, contre Bordeaux en s’inclinant (0-1) au terme d’une prestation insipide

  • Le FC Nantes s’est incliné (0-1) contre Bordeaux, ce dimanche, à la Beaujoire, au terme d’un match complètement manqué.
  • Un hommage à Emiliano Sala, décédé il y a un an, avait été organisé avant la rencontre.
  • Le FC Nantes s’apprête à affronter Rennes puis Paris avec une défense totalement décimée.

L'attaquant Emiliano Sala aurait sans doute pesté. Peut-être même aurait-il eu honte. Le FC Nantes n’a pas cadré une seule frappe, dimanche, contre Bordeaux et cela n’était pas arrivé depuis le 16 avril 2017, déjà contre les Girondins. Difficile dans ce cas-là de prétendre à la victoire. Les Canaris ont donc fini par perdre (0-1) la rencontre en hommage à leur Argentin, parti il y a un an.

Le spectacle fut en tribune, la médiocrité sur la pelouse. Chants, papelitos, tifos, minute d’applaudissements… Les supporters nantais ont réussi leur hommage à Sala. « C’était un avant match très émouvant, avoue le milieu de terrain et capitaine Abdoulaye Touré. Un an après, c’est toujours aussi douloureux… »

Un trop-plein d'émotion?

Le trop-plein d’émotion a-t-il pu plomber au moins le début de match des Nantais ? « Cela scie un peu les jambes… », confesse toujours Touré. « Cela casse l’ambiance, estime l’entraîneur nantais Christian Gourcuff. C’est peut-être une explication au début de match fade, assez triste, mais on ne va pas chercher des explications à ce niveau-là car notre début de match, il y avait surtout des insuffisances techniques… » Que les Canaris n’ont jamais réussi à gommer au fil de la rencontre. Au point de se demander s’ils n’ont pas réalisé leur pire match de la saison. « C’est l’un des pires, oui », confiera Imran Louza, qui est définitivement plus à l’aise dans un rôle de milieu de terrain plus reculé.

Le rouge n'explique pas tout

Le deuxième jaune (synonyme de rouge), « aberrant », selon Gourcuff, a fini de faire plonger en deuxième période une équipe nantaise déjà en panne de solutions et d’idées. Khrin, défenseur central de fortune, s'est ainsi retrouvé avec le jeune Basila dans l'axe. « On n’a pas eu de chance avec le carton rouge », a répété Ludovic Blas, à court d’arguments devant les micros. Renaud Emond, qui a beaucoup couru dans le vide, a préféré avec lucidité retenir « l’absence de mobilité » et l’abus « de longs ballons » et a reconnu que sa formation était « carrément » passée à côté de son rendez-vous dominical.

Au classement, Nantes ne perd que deux places (6e). Rien d’inquiétant évidemment pour les hommes de Christian Gourcuff. Ce qui est néanmoins préoccupant pour les Canaris, c’est le programme à venir et surtout l’effectif qui se réduit comme peau de chagrin. Aux absences pour blessure de Pallois, Wague et Coulibaly, il faut ajouter la suspension de Girotto et la blessure (sans gravité ?) de Touré à quelques jours d’un déplacement à Rennes et avant la réception de Paris. « C’est tellement serré, si on perd, on sait qu’on peut vite redescendre », reconnaît Louza. Ou retrouver une place dans le ventre mou plus en adéquation avec sa véritable valeur peut-être ?