Pour l'ancien patron de l'Agence mondiale antidopage, le report des JO est inévitable.
Pour l'ancien patron de l'Agence mondiale antidopage, le report des JO est inévitable. — JUSTIN TALLIS / AFP

JO 2020

Coronavirus : « Le report des JO a été décidé »… L’ancien vice-président du CIO vend la mèche

Si rien n’est encore officiel, on se rapproche de plus en plus d’un report des JO 2020

Le Canadien Dick Pound, membre historique du Comité international olympique (CIO), a estimé lundi à l’AFP qu’un report à 2021 des Jeux olympiques de Tokyo est désormais la seule option possible compte tenu de la pandémie de coronavirus. Dimanche, au terme d’une réunion de son bureau exécutif, le CIO a pour la première fois ouvert la voie à un report, se donnant quatre semaines pour prendre une décision définitive quant à la tenue ou non des Jeux cet été. L’instance a en revanche refusé d’envisager leur annulation pure et simple.

« Mon interprétation de l’annonce du CIO est qu’ils ne veulent pas annuler les JO et qu’ils ne pensent pas pouvoir continuer de les maintenir à la date du 24 juillet, a expliqué M. Pound. Donc on regarde le mot commençant par "R" [pour report]. » Plus tard, dans USA Today, l'ancien vice-président du CIO est allé plus loin et a carrément vendu la mèche : « Sur la base des informations dont dispose le CIO, le report a été décidé. Les paramètres pour l’avenir n’ont pas été déterminés, mais les Jeux ne commenceront pas le 24 juillet, autant que je sache. »

Pound vote pour un report à 2021

Selon lui, le scénario est écrit d’avance : « Ils vont explorer des options avec les Japonais bien sûr, puis il y aura toutes sortes de parties prenantes – fédérations internationales, Comités olympiques nationaux, athlètes. Et puis dans quatre semaines, ils vont essayer de présenter un plan B aussi précis que possible ». « C’est le droit de tout membre du CIO d’interpréter la décision prise par le bureau exécutif communiquée dimanche », a simplement réagi l’instance, sans commenter plus avant la lecture de Dick Pound.

Le Canadien, ancien patron de l’Agence mondiale antidopage, a déclaré que la propagation « stupéfiante » du Covid-19 à travers le monde ne laisse au CIO aucun autre choix. « Ce n’est pas quelque chose qui va disparaître d’ici le 24 juillet. Pas plus que d’ici septembre ou octobre. Beaucoup de pays du monde, dont les plus grands, sont quelque peu dépassés, et cela commence tout juste à prendre racine en Afrique », a-t-il développé.

Selon lui, le report des Jeux à 2021 « est le plus réalisable car il vous donne le plus de temps pour vous organiser. » Lundi, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a également ouvert la porte à un report des Jeux, estimant que celui-ci « pourrait devenir inévitable », chose qu’il n’avait jamais faite jusque-là. Et côté sportif, de nombreuses voix se font entendre pour pousser le CIO à prendre cette décision. Au premier rang desquelles celle du Comité olympique canadien, qui a fait savoir dimanche qu’elle n’enverrait aucun athlète à Tokyo si les Jeux étaient maintenus cet été.