Amiens SC : « Le préjudice financier est énorme pour le territoire », assure le président d’Amiens Métropole

FOOTBALL La communauté d’agglo d’Amiens a indiqué avoir saisi, à son tour, la justice pour contester la relégation du club après l’arrêt du championnat en raison de l’épidémie de Covid-19

Gilles Durand

— 

L'équipe d'Amiens, sur le terrain.
L'équipe d'Amiens, sur le terrain. — F. Lo Presti / AFP
  • La Ligue de football professionnel (LFP) doit entériner, mercredi, la décision de stopper les championnats de L1 et de L2, à cause de l’épidémie de Covid-19.
  • Le club d’Amiens a saisi, la semaine dernière, la justice pour contester sa relégation en Ligue 2, après cette interruption de la saison.
  • La métropole d’Amiens vient de rejoindre le club dans cette démarche pour dénoncer le préjudice économique subi.

Le sujet sera forcément à l’ordre du jour. Mercredi se tient l’assemblée générale de la Ligue de football professionnel (LFP) qui doit entériner la décision de stopper les championnats de Ligue 1 et de Ligue 2, à cause de l’épidémie de Covid-19.

Le club d’Amiens avait saisi, la semaine dernière, le tribunal administratif de Paris pour contester sa relégation en L2, après cette interruption de la saison 2020-21, à cause de l’épidémie de Covid-19. La communauté d’agglomération d’Amiens s’est engagée, vendredi, dans cette même procédure pour apporter son soutien au club.

« Une décision inadaptée »

Et Alain Gest, président d’Amiens Métropole, contacté par 20 Minutes, espère bien avoir gain de cause. « C’est un peu comme si un match se terminait vingt minutes avant la fin », estime-t-il. Comment, dès lors, désigner le vainqueur et le perdant en restant équitable ? Car le règlement de la LFP ne prévoit rien devant un tel cas de force majeure. « Dans ces conditions, le principe général du droit est l’équité », précise Alain Gest.

Or, le SC Amiens, avant-dernier au classement, a fait les frais de la décision de la LFP en se voyant rétrogradé en L2 sans pouvoir défendre ses chances sur le terrain et sans avoir commis la moindre faute. « Il s’agit d’une décision inadaptée, s’insurge l'élu. La position de la Ligue est, tant sur la forme que sur le fond, manifestement infondée, incohérente et inéquitable. »

Un préjudice pour Amiens Métropole

« Nous sommes liés au club par une convention pour l’utilisation du stade, explique-t-il. La descente en Ligue 2 nous fait perdre 150.000 euros par an. Et nous avons beaucoup investi pour moderniser ce stade. » Mais ce sont surtout les conséquences indirectes sur le territoire que redoute l’élu.

« Le préjudice financier est énorme. L’attractivité économique locale et les retombées médiatiques n’ont rien à voir lorsque vous évoluez en L1 ou en L2. Sans oublier les pertes d’emplois directes. Tout ça à cause d’une décision qui tient de la loterie », souligne-t-il. Et Alain Gest d’accuser : « Ça ne se serait pas passé de cette manière si Guingamp [club fétiche du président de la Fédération française de football, Noël Le Graët] ou Le Havre [ville dont Edouard Philippe est l’ancien maire] avait été concerné ».

Une autre solution ?

Le président d’Amiens Métropole se dit prêt à aller jusqu’au conseil d’Etat pour défendre les intérêts du club et de sa métropole. Mais existe-t-il une solution ? Si la justice donne raison à Amiens, le club propose une saison 2021-22 exceptionnellement composée de 22 clubs (au lieu de 20) dans l’élite, en renonçant à ses propres droits télé.

Une exception dans laquelle le club de l’AC Ajaccio, également spolié par la décision actuelle de la LFP, entend s’engouffrer après avoir saisi, de son côté, le Comité national olympique (CNOSF) pour demander le respect du règlement concernant l’accession en L1.

Les autorités du football français ont-elles pris une décision trop rapide ? Ce sera à la justice de trancher. Mais il existait effectivement d'autres solutions comme la tenue de play off ou la prolongation de la saison jusqu'en automne. Par aileurs, la compétition vient de reprendre en Allemagne et les trois autres grands championnats européens (Italie, Angleterre et Espagne) n’ont pas abandonné cette idée.