TFC : Ce que l’on sait du possible rachat du club par un fonds d’investissement américain

FOOTBALL Olivier Sadran, le président du TFC, a annoncé jeudi soir qu’il rentrait en « négociations exclusives » avec le fonds d’investissement américain RedBird Capital Partners pour la vente de 85 % du club, lanterne écarlate du dernier championnat de Ligue 1

Hélène Ménal

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Olivier Sadran estprésident du TFC depuis 2001.
Olivier Sadran estprésident du TFC depuis 2001. — F. Lancelot / Sipa
  • Le TFC annonce qu'il est est rentré en « négociations exclusives » pour la vente de 85 % de son capital à un fonds d’investissement américain.
  • RedBird Capital Partner est déjà engagé dans le baseball, le soccer, le foot américain et les droits sportifs Outre-Atlantique.
  • Olivier Sadran, à la tête d’un club relégué en Ligue 2 mais qui conteste sa descente, prend sa part dans la Bérézina des dernières années.
  • Il souhaite rester au club comme actionnaire minoritaire et finaliser la vente avant le 15 juillet.

Des Américains pour enrayer la spirale de la lose ? Dans un communiqué diffusé jeudi soir, en plein pont de l’Ascension, le Toulouse Football Club, théoriquement relégué en Ligue 2, après une saison en enfer écourtée par le coronavirus, a annoncé qu’il rentrait en « négociations exclusives » avec RedBird Capital Partners, un fonds d’investissement américain, pour la vente de 85 % de son capital.

L’entrepreneur Olivier Sadran, président et actionnaire majoritaire du club depuis 2001, une période où les Violets avaient été relégués en troisième division, avait pour la première fois évoqué son départ il y a six mois, ouvrant la porte à de nombreuses spéculations.

Comme pour l’OM ou les Girondins de Bordeaux, c’est donc un passage sous pavillon américain qui se profile. « Je suis convaincu que RedBird Capital Partners dispose des compétences et des ressources nécessaires pour permettre au TFC de revenir dans l’élite du football français tout en respectant nos valeurs de citoyenneté et d’implication dans le tissu économique local », explique le patron du club. Il précise aussi qu’en tant que « Toulousain de naissance », il souhaite « conserver une participation minoritaire » dans une structure dont il se sent « responsable ». « Nous sommes impatients de finaliser notre partenariat avec Olivier et de positionner le Toulouse FC sur la voie du succès à l’avenir », annonce de son côté Gerry (Gerald en fait) Cardinale, le fondateur et « associé gérant » de RedBird Capital Partners.

Qui est le repreneur américain ?

Gerry Cardinale est un ancien de Goldman Sachs chez qui il a travaillé pendant 20 ans avant de fonder en 2014 son propre fonds d’investissement. Ce dernier « gère plus de 3 milliards de dollars de capitaux propres ». « RedBird a vingt ans d’expérience en matière de partenariat avec des équipes et des ligues sportives emblématiques pour créer des entreprises de sport et de divertissement très performantes », assure Gerry Cardinale. Aux Etats-Unis, le fonds est notamment impliqué dans le baseball avec les Yankees de New York, dans le foot américain avec la NFL et les Cowboys de Dallas. Il aide aussi l’équipe féminine américaine de foot, championne du monde, a gérer son image et entretient des liens avec les athlètes féminines de Ligue nationale de Basket. Redbird détient enfin des parts dans une chaîne sportive régionale.

« RedBird fournit des capitaux flexibles et à long terme pour aider les entrepreneurs à développer leurs entreprises », précise aussi le TFC, comme pour écarter le spectre d’un repreneur qui rechercherait une rentabilité immédiate.

La situation ambiguë du TFC, à cheval sur deux divisions

Dans un mail d'Olivier Sadran envoyé aux principaux partenaires du TFC, dévoilé jeudi soir par des supporteurs sur le site LesViolets.com, le président actuel évoque son recours auprès du tribunal administratif sur la relégation du TFC en Ligue 2, alors que 30 points restaient à prendre au moment de l’arrêt du championnat. Sans nier la saison catastrophique de son équipe, il invoque le respect d’une « équité sportive ». Mais, plus loin dans le courrier, il semble s’être fait une raison. « Je suis convaincu qu’avec l’aide à la relégation, les compétences et engagements financiers de RedBird Capital Partners et votre soutien, le club retrouvera très vite la Ligue 1 », écrit-il.

Un « gâchis » et la date du 15 juillet

Dans ce fameux courrier, dont l’AFP atteste de l’authenticité, Olivier Sadran esquisse aussi un bilan de sa présidence. Il évoque les grands moments et les remontées rapides du début de sa gestion, les succès du centre de formation avec Wissam Ben Yedder, Moussa Sissoko ou encore Issa Diop.

L’entrepreneur reconnaît aussi son implication dans « un tableau » qui s’est « noirci » depuis 4-5 ans. Il parle des « erreurs de recrutement et d’entraîneurs qui se sont multipliées ». « En tant qu’actionnaire majoritaire (…), je porte très clairement l’entière responsabilité de ce gâchis, sans doute accaparé par mon métier, mais aussi en imaginant qu’il suffisait d’assurer une bonne continuité financière pour que tout se passe correctement », dit le patron de Newrest, spécialisé notamment dans la fourniture de plateaux-repas aux compagnies aériennes, un secteur dans la tourmente avec le Covid-19.

Dans le mail enfin, Olivier Sadran évoque son espoir de finaliser l’accord de vente avent « le 15 juillet ».

Le maire de Toulouse ne veut pas d’une approche « avant tout financière »

Dans les réactions suscitées par l’annonce d’un possible passage du TFC sous la bannière étoilée, celle de Jean-Luc Moudenc (LR), maire de la Ville rose et président de Toulouse Métropole. Il rend un vibrant hommage à Olivier Sadran et annonce qu’il doit rencontrer bientôt, avec lui, Gerry Cardinale. Il veut dire « personnellement aux futurs actionnaires majoritaires » que « la finalité humaine et sociale du sport est fondamentale » et qu’il ne saurait « approuver une approche qui serait avant tout financière ».