Arrêt des compétitions: « Priorité à la santé plutôt qu’à l’argent », maintient Noël Le Graët

FOOTBALL Le président de la FFF réaffirme que les instances n'avaient pas le choix de continuer après les décisions annoncées par le gouvernement

N.C. avec AFP

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Noël Le Graët dans les tribunes du Parc des Princes lors de PSG-Guingamp, le 18 décembre 2018.
Noël Le Graët dans les tribunes du Parc des Princes lors de PSG-Guingamp, le 18 décembre 2018. — JOHN SPENCER/SIPA

Pas de débat puisque c'est le gouvernement qui l'a décidé ainsi. Le président de la Fédération française de football Noël Le Graët a maintenu lors d'un entretien accordé à l'AFP que l’arrêt des compétitions était la seule chose à faire, puisque la FFF et la LFP n'ont pas eu le choix. Le dirigeant a également évoqué le plan d’aide aux amateurs et le retour du public dans les stades.

Le plan de soutien de 30 millions d’euros pour le football amateur, annoncé jeudi, était-il motivé par la crainte d’une hécatombe parmi les clubs ?

Non. Toutes les semaines on fait une réunion avec les présidents de ligues. On peut s’apercevoir que les clubs sont plutôt pressés de reprendre. La Fédération va équilibrer ses comptes cette année malgré le manque de matchs (des Bleus). On verse 300 millions en tout sur trois ans (au monde amateur), ce n’est pas rien.

Les quatre matchs des Bleus initialement prévus en mars et juin conduisent-ils à des pertes sèches ?

Non, ce sont des matchs qui vont être récupérés. Pas tous, mais deux ou trois vont être récupérés la saison prochaine. Avec l'UEFA, on a un contrat de 40 matchs sur 4 ans. On peut faire 12 matchs une année et 8 une autre, à la limite. Pour le moment, on n’est pas en retard. La seule question, c’est public ou pas public. Vous vous doutez bien qu’à titre personnel je suis pour. Mais je ne mettrai pas de pression économique sur qui que ce soit pour le football, on tiendra toujours compte de l’avis médical du gouvernement.

La finale de Coupe de France entre Paris et Saint-Etienne pourrait-elle se jouer cet été devant des supporters, même avec une jauge restreinte ?

Bien sûr, c’est ce qu’on va demander. C’est mon souhait en tout cas. On a des contacts avec l’Etat. Ils pourront peut-être nous permettre de parler de jauge soit pour le début de championnat, soit pour les matchs de Coupe. On est en conversation permanente, avec des avancées qui me paraissent positives.

La Ligue a évoqué la possibilité de matchs amicaux en juillet. Est-ce que ça ne relance pas le débat sur une reprise de la saison 2019-2020, comme dans les autres championnats européens majeurs ?

Quel débat ? Nous, on est discipliné par rapport à l’Etat. Il n’y a aucun débat possible. Nos joueurs seront mieux préparés et peut-être même en meilleure forme que les autres, on verra bien. Mais en tout cas je n’ai jamais contesté les décisions prises par l'Etat. Priorité à la santé plutôt qu’à l’argent.

Le plan de soutien aux amateurs a été acté mi-avril. Pourquoi ne le dévoiler que début juin ?

On peut toujours faire des promesses en février et après ne pas avoir d’argent. Je sais maintenant ce qu’on va avoir sur juin et ce que je peux sortir. Je sais ce que je vais avoir sur l’exercice prochain à condition qu’il y ait des matchs de l’équipe de France avec public.

La Fédération française de rugby a préféré de son côté arrêter les prélèvements (licences, assurances, etc.) pour la fin de saison et la suivante…

Oui, ça revient pratiquement au même. Ils auront moins de cotisations et moins de frais. Mais je ne vais pas comparer. On vient de faire trois ans avec des sommes fortes pour les amateurs, sans emprunt, sans chialer et en travaillant. Le coup de chapeau que je dois donner c’est à nos sponsors. On n’en a pas perdu un pendant cette période dramatique. Ils représentent 40 % de notre budget. Tout est payé, tout est en règle.