Strasbourg : « Les salaires ne peuvent plus être les mêmes », la SIG réduit la voilure

BASKET Le budget de la SIG va passer à 6 millions d’euros pour la saison 2020-2021, contre 7,5 millions d’euros la saison dernière

Thibaut Gagnepain

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Martial Bellon (à droite) et la SIG entrent dans une nouvelle ère économique.
Martial Bellon (à droite) et la SIG entrent dans une nouvelle ère économique. — G. Varela / 20 Minutes
  • La crise sanitaire touche aussi le club de basket de la SIG. « On pourrait perdre plusieurs centaines de milliers d’euros », indique son président Martial Bellon.
  • Comment la SIG va s’en relever ? En réduisant son budget et… sa masse salariale. Cette dernière sera réduite de 30 % la saison prochaine.
  • Le recrutement a déjà commencé avec les signatures de quatre joueurs, trois Français et un Américain.

David Andersen, Alexis Ajinça, Miro Bilan, A.J. Slaughter et les autres joueurs référencés, c’est fini. « Il n’y aura pas de gros CV à la SIG cette année, c’est clair », prévient Martial Bellon. Le président du club strasbourgeois l’annonce : l’heure est aux réductions des coûts.

« Notre budget va passer de 7,5 millions d’euros la saison dernière à 6 millions d’euros à la rentrée », précise-t-il, en liant évidemment cette baisse à la crise sanitaire. « Nous n’allons pas faire 1 euro de chiffre d’affaires pendant près de sept mois, de fin février à fin septembre. Quelle entreprise survivrait à ça ? Nous oui, mais on va être fortement impacté. On pourrait perdre plusieurs centaines de milliers d’euros. »

Déjà quatre recrues

Pour faire face, la SIG a déjà eu recours au chômage partiel, « soumis un prêt garanti par l’Etat » et aussi pioché dans ses « 800.000 euros de fonds propres ». Mais d’autres mesures vont suivre et toucheront directement les joueurs. Enfin, les recrues puisqu’un seul élément est encore sous contrat : le jeune Essome Miyem, frère de l’internationale française Endy.

« C’est une opportunité, ça nous permet de négocier de nouveaux contrats », assure Martial Bellon qui a déjà vu quatre nouveaux profils arriver. Les trois Français Léopold Cavalière (Pau-Orthez), Yannis Morin (Châlons-Reims) et Jean-Baptiste Maille (Châlons-Reims), ainsi que l’Américain DeAndre Lansdowne. Tous ont signé à des tarifs plutôt réduits.

« Les salaires ne peuvent plus être les mêmes… », plaide le président du club strasbourgeois en annonçant une « baisse de 30 % de la masse salariale ». En clair, elle passera de « 1,5 millions d’euros net l’an passé à 1 million d’euros. Le salaire moyen net par an ne sera donc plus de 150.000 euros… »

De quoi, logiquement, éloigner certains joueurs de Strasbourg. Comme le Canadien Thomas Scrubb, que la SIG voulait garder mais qu’elle n’a pu retenir. « On n’a pas pu s’aligner et il va signer ailleurs », explique encore Martial Bellon, sans vouloir se plaindre. « La construction de l’équipe cette saison sera moins basée sur les CV mais plutôt sur la complémentarité entre joueurs. On va repartir sur les bases qui ont fait notre succès il y a quatre, cinq ans. »

Un secteur sportif remodelé

Lorsque l’équipe, alors dirigée par Vincent Collet, disputait la première de ses cinq finales de Pro A, toutes perdues. Evincé en janvier dernier, le sélectionneur des Bleus a depuis été remplacé par son ancien assistant, le Finlandais Lassi Tuovi. Début avril, la SIG a poursuivi sa métamorphose en s’attachant les services d’un directeur sportif, Nicola Alberani. L’Italien a pour mission de redresser un club qui reste sur un exercice très moyen, bouclé en mars par une petite 10e place de Jeep Elite.

« Il a une connaissance impressionnante du marché européen », se félicite son président, avant de conclure : « La crise peut aussi avoir des effets positifs : elle oblige à se réinventer. »