Toulouse : La capitale du rugby français (toujours) plombée par son Stadium pour la Coupe du monde 2023

RUGBY Si Toulouse abritera bien des matchs de la Coupe du monde 2023 en France, le Stadium reste un handicap

Nicolas Stival

— 

Le Stadium de Toulouse n'a plus accueilli l'équipe de France depuis le test-match contre lesSamoa, le 12 novembre 2016.
Le Stadium de Toulouse n'a plus accueilli l'équipe de France depuis le test-match contre lesSamoa, le 12 novembre 2016. — M. Medina / AFP
  • Toulouse sera l’une des neuf villes hôtes de la Coupe du monde de rugby organisée par la France en 2023.
  • Le Stadium accueillera quatre ou cinq matchs de poule.
  • Mais l’enceinte de 33.150 places, la plus petite de la compétition, condamne la capitale du rugby français à vivre les phases finales de loin. Elle doit aussi subir des travaux afin d’être prête pour l’événement.

Dans le « mundillo » du rugby, le supporteur du Stade Toulousain n’a pas la réputation d’avoir la victoire modeste. A sa décharge, sa fierté s’appuie sur un palmarès inégalé : 20 titres de champion de France et quatre Coupes d’Europe. Géante du rugby français, la capitale d’Occitanie apparaît en revanche comme l’un des parents pauvres de la Coupe du monde programmée en France du 8 septembre au 21 octobre 2023. En cause : son stade, propriété de la métropole qui, avec ses 33.150 places, affiche la plus petite capacité des neuf villes hôtes.

« Le Stadium disqualifie la candidature de Toulouse pour les phases finales », explique clairement Claude Atcher, le directeur général de l’événement. Les quarts, demies et finales seront la chasse gardée des grosses enceintes, à Lyon (59.000 places), Marseille (67.400) et au Stade de France (81.300), Jolie consolation : Atcher assure réfléchir à l’octroi d’un cinquième match de poule sur l’île du Ramier, soit un de plus qu’initialement prévu ou que lors du Mondial 2007 (il y en avait eu deux au cours de l’édition 1999).

Un match de préparation du XV de France prévu à Toulouse

Les All Blacks ou les Bleus fouleront l’herbe habituelle du TFC (et plus rarement du Stade Toulousain) pendant la compétition. Le XV de Fabien Galthié doit aussi venir y jouer un match d’ici le début de la Coupe du monde, toujours selon le DG de France 2023, longtemps en bisbilles avec les autorités locales autour de la capacité de Toulouse à accueillir un tel événement.

La menace un moment brandie de priver de Mondial 2023 la capitale nationale du rugby (plus pour faire pression qu’autre chose) n’a pas été mise en application. Mais il reste du travail avant de satisfaire aux normes de World Rugby, l’exigeante fédération internationale.

La Beaujoire de Nantes a aussi besoin de travaux

« Il y a deux stades qui doivent faire l’objet de travaux pérennes, pris en charge par les collectivités locales », reprend Atcher. Il s’agit de la Beaujoire à Nantes et, bien entendu, du Stadium. « Il y a besoin de rafraîchir l’accueil, de revoir les écrans géants, le Wi-Fi [qui brille par son absence dans l’écrin haut-garonnais]… »

Sous-dimensionnée pour accueillir les plus belles affiches des événements sportifs internationaux, la quatrième ville de France devrait rester dans cette situation très longtemps : l’époque n’est pas aux investissements publics pharaoniques dans ce secteur. De toute manière, le pouvoir d’attraction du TFC, principal club hôte du Stadium et relégué en Ligue 2, ne les justifie pas.

Mais l’essentiel est ailleurs pour les différents acteurs du dossier : la Coupe du monde de rugby 2023 passera bien par Toulouse. Pour connaître les quatre ou cinq affiches qui s’y joueront, il faudra encore patienter jusqu’à l’annonce du calendrier des matchs, le 15 janvier 2021. Le tirage au sort des poules aura lieu le 30 novembre prochain.