PSG – Atalanta : Si Paris s’en est miraculeusement sorti, c’est que l’équipe forme « une famille »

FOOTBALL Le pouvoir de l'amitié, c'est pas que dans Olive et Tom

William Pereira

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Le groupe vit bien
Le groupe vit bien — David Ramos/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Lisbonne,

A voir la manière dont Nasser Al-Khelaïfi a pris Thomas Tuchel dans ses bras pour le féliciter et le soulagement sur le visage de ce dernier après la victoire contre l’Atalanta, on pourrait presque croire que le PSG venait de gagner sa première Ligue des champions. Hélas pour les Parisiens, il reste encore deux marches à franchir mais on sent bien que le passage du cap, une première depuis 1995 et donc un fait inédit sous l’ère qatarie, fait du bien à tout le monde au club. A moins que ce ne soit l’inverse. Tout le monde va bien, donc le club avance. C’est plutôt dans ce sens que vont les propos de Neymar en interview d’après-match.

« On vit des choses fortes, on a vraiment un groupe formidable, une famille. C’est impossible de nous mettre en dehors de la compétition avec cet état d’esprit. Jusqu’à la fin, je savais qu’un ballon pouvait m’arriver, qu’on pouvait marquer même après avoir inscrit notre premier but. » Choupo-Moting abonde. « On passe de bons moments ensemble sur le terrain et en dehors. » Avec un retour au premier plan du maestro Kimpembe, diffuseur numéro 1 de vidéos et stories sur l'ambiance au sein de l'équipe. 

Le banc est à fond

S’il est vrai qu’on aurait aimé voir plus de solidarité entre les Parisiens plus tôt dans le match, en particulier dans le secteur offensif, il est aussi vrai que la manière dont les uns s’arrachent pour les autres en défense permet de se rendre compte de l’osmose qui règne dans le groupe. La manière dont les remplaçants se sentent concernés quel que soit leur temps de jeu habituel est aussi bon signe. Les caprices et guerres d’ego pour quelques minutes en plus sur le terrain attendront. « Le banc a été exceptionnel avec un bon esprit », se réjouit ainsi Thomas Tuchel. Les remplaçants ont tellement la cote qu’Ander Herrera, titulaire contre Bergame, ne se refuse pas le droit de l’être en demi-finale. « J’ai joué aujourd’hui, mais si je ne joue pas la prochaine fois, je serai prêt pour aider. »

Faut-il voir dans le scénario du match, les paroles des joueurs et leurs embrassades post-victoire, un déclic collectif ? C’est la théorie du président. « On a besoin de ça pour changer notre mentalité, on avait quelque chose qui nous bloquait. Mais aujourd’hui, je vous promets que le club veut donner 200 % de plus. Tout le monde disait que Paris n’était pas prêt, et on a prouvé qu’on a une grande mentalité. »

Un travail de longue haleine

Thomas Tuchel est un peu moins fan de la théorie du déclic. Pour lui, cette complicité interne est le fruit d’un long travail. Et si date clé il y a, il préfère retenir celle du huitième de finale retour de Ligue des champions au Parc des princes.

« Après Dortmund, j’ai eu l’impression que l’équipe a créé une atmosphère ensemble. Ils voulaient tous montrer qu’ils ont de la qualité au niveau mental pour faire de grandes choses. C’était le meilleur moment de le confirmer. La dernière semaine [de préparation à Faro pendant trois jours] a été exceptionnelle au niveau de l’esprit, de l’atmosphère. Un mix entre concentration et sourire. Si vous voulez rester mentalement dans un match comme ça, vous devez vous préparer avant et non pendant une ou deux semaines. Cela fait depuis deux ans que cette équipe a créé cela. »

Et si, finalement, les anniversaires entre coéquipiers et autre sauteries valaient mieux que tous les entraînements du monde ? Une théorie à creuser mais pas trop loin non plus, sinon Mauro Icardi serait un peu plus en forme.