HBC Nantes : Comment le « H » va tourner sans Nicolas Tournat

HAND Le HBC Nantes, qui joue son premier match de Ligue des champions ce mercredi (20h45) à la H Arena contre Veszprem, va devoir apprendre à vivre sans son pivot international Nicolas Tournat

David Phelippeau

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Nicolas Tournat.
Nicolas Tournat. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA
  • Le HBC Nantes, qui commence sa campagne de Ligue des champions, va jouer son premier match officiel sans Nicolas Tournat, parti à Kielce, en Pologne.
  • Le départ du pivot va laisser un grand vide au HBCN et pourrait bien modifier le style de jeu de l’équipe nantaise.

Un seul être vous manque… ? Ce mercredi, à la H Arena, le HBC Nantes commence sa campagne de Ligue des champions, avec la réception des Hongrois de Veszprem (vice-champions d'Europe 2019), sans son pivot hors-norme (2 m pour au moins 110 kg) Nicolas Tournat. Cet été, à 26 ans, le beau « bébé », biberonné au centre de formation nantais (arrivé en 2012), a quitté le cocon pour rallier un autre grand d’Europe : Kielce (Pologne). Et a laissé un grand vide non seulement dans le vestiaire, mais aussi sur le terrain.

L’international Tournat en quelques chiffres, ce sont 541 buts (en 163 matchs de D1) et autant d’adversaires martyrisés et concassés, aussi bien sur la scène française qu’européenne, par la puissance du colosse aux mains habiles. Le départ de Tournat, connu depuis trois ans [il avait signé son contrat de trois ans avec Kielce dès 2017, avec effet en 2020], suscite inquiétudes et questions au « H ».

Un style de jeu différent sans lui

« Le HBCN va continuer à être le HBCN, rassure l’entraîneur, Alberto Entrerrios. Il va falloir sans doute adapter notre jeu. Pour l’instant, ce qu’on voit à l’entraînement et en match, on peut faire aussi bien en attaque qu’on le faisait avant. Son absence impose néanmoins plus de changements attaque-défense. »

Sous le maillot violet, Nicolas Tournat brillait en effet aussi bien en phase offensive qu’en phase défensive. « C’est encore tôt pour savoir si on sera au même niveau qu’avec Nicolas, mais je suis très optimiste ! », dédramatise le coach. Le capitaine, Rock Feliho, est sans aucun doute le mieux placé pour parler du vide laissé par son « pote » : « Nicolas, on sait ce qu’il représentait dans l’équipe. C’est un des meilleurs pivots du monde. C’est difficile de remplacer un des meilleurs joueurs à son poste, mais il faut passer à autre chose maintenant. »

« C’était une pieuvre ! »

Le coach nantais estime que le jeu du HBCN va devoir évoluer. « Avant, on trouvait des solutions rapidement sur le premier mouvement de l’attaque grâce à Nico, analyse Entrerrios. Mais parfois, aussi, on bloquait un peu trop le jeu, faute de continuité dans les mouvements. On va avoir moins de facilités à trouver le jeu avec le pivot sans lui. » Si on vulgarise un peu, le « H » profitait (abusait ?) du physique hors-norme de Tournat pour le servir à 6 m. Lequel s’extirpait du marquage des adversaires et canardait les gardiens de but…

« C’était une pieuvre, Nico ! », rit Feliho. Un joueur doté d’une dextérité avec le ballon étonnante pour son physique de déménageur breton. « Tout le monde ne prend pas les ballons comme lui peut les prendre, c’est sûr », avoue Mathieu Bataille, pivot arrivé d’Ivry cet été.

Pour pallier ce départ majeur, le HBCN a recruté deux pivots : l’Espagnol Adria Figueras Trejo (31 ans) de Granollers et donc Mathieu Bataille (33 ans). « Deux pivots de très haut niveau avec des atouts différents de Nico », selon Entrerrios. Nantes compte d’ailleurs maintenant quatre joueurs à ce poste, avec également Dragan Pechmalbec (24 ans) et le « petit » dernier Théo Monar, 19 ans, un autre colosse de la formation nantaise avec son quasi double mètre.