Bordeaux-Nice : « Ça ne me dérange pas, au contraire »... Les Aiglons s’appuient-ils (déjà) trop sur Amine Gouiri ?

FOOTBALL Tenus en échec à Bordeaux (0-0), les Niçois ont tendance à se reposer uniquement sur le talent de leur jeune attaquant

Clément Carpentier

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Amine Gouiri face à Youssouf Sabaly.
Amine Gouiri face à Youssouf Sabaly. — ROMAIN PERROCHEAU / AFP
  • Troisième match sans victoire pour l’OCG Nice après le match nul et vierge à Bordeaux (0-0).
  • Emmenés par un Amine Gouiri encore en grande forme, les Aiglons ont manqué de réussite en touchant trois fois les montants.
  • En ce début de saison, le jeu offensif des Niçois repose beaucoup sur l’attaquant de 20 ans. Peut-être trop même.

En fin de match, c’était presque devenu systématique. Dès que Pierre Lees-Melou ou Morgan Schneiderlin touchaient un ballon, ils l’envoyaient presque immédiatement sur leur gauche, direction Amine Gouiri. Le joueur-clé des Aiglons en ce début de championnat. Sauf que dans cette rencontre où les joueurs de Patrick Viera ont touché trois fois les montants (deux transversales et un poteau) sans trouver l’ouverture face aux Girondins (0-0), les Niçois se sont peut-être trop reposés sur leur jeune et talentueux attaquant ?

En même temps à chaque fois qu’il touchait le ballon sur son côté, il y avait danger à l’image d’un Mbappé ou d’un Neymar. Très technique, comme les deux stars parisiennes, Amine Gouiri a fait subir un supplice aux Bordelais, Sabaly puis Kwanteng. « Il a manqué de réussite mais c’est un joueur qui nous apporte beaucoup offensivement car il est capable d’éliminer, de rentrer à l’intérieur et de combiner. Il doit continuer à travailler, à progresser dans ses prises de décisions », note Patrick Vieira. Pas faux mais Gouiri se trompe rarement pour un joueur de 20 ans qui dispute ses premiers matchs en Ligue 1.

Il n’a manqué qu’un but

Dans les dernières minutes, il a d’ailleurs pris la bonne décision en allant défier Pablo, plus lent que lui, en un contre un. Sa frappe est juste venue mourir sur la barre. Costil semblaient bien battu. Il n’y aura manqué finalement que ce but ou cette passe décisive pour conclure un nouveau match plein. Il a l’air en tout cas de s’éclater sur la Côte d’Azur comme le montre son début de saison (deux buts et une passe décisive en quatre matchs) :

« C’est un gamin qui adore le football, il aime être sur le terrain, il est passionné par son métier, il a envie de progresser, il aime s’améliorer, il est concentré sur les détails. C’est un plaisir de bosser avec lui », ajoute Vieira.

Reste que les adversaires risquent très vite de lire le jeu des Aiglons s’il continue à s’appuyer presque exclusivement sur lui. A Bordeaux, Jean-Louis Gasset a fait un changement pour tenir la route physiquement face à Amine Gouiri en fin de match et fait entrer Oudin pour vraiment sécuriser son couloir. Patrick Vieira, lui, estime avoir vu « d’autres joueurs disponibles sur le terrain. C’est vrai que par rapport à sa capacité à éliminer et sa technique balle au pied, il touche un peu plus le ballon que d’autres. Ça ne me dérange pas, au contraire (sourires) ». Si son attaquant garde cette forme, il risque de continuer à vampiriser les ballons.

Maintenant, il va falloir que ses coéquipiers se mettent parfois à son niveau pour retrouver la victoire, à l’image de Ndoye et Dolberg pas loin d’être transparents sur ce match. Au moins, les Aiglons n’ont pas pris de but après les six concédés contre Montpellier, puis Paris. Mais pour une équipe très ambitieuse cette saison, il va vite falloir mettre fin à cette série de trois matchs sans victoire car sinon l’OGCN va s’enfoncer dans le ventre mou de la Ligue 1.