PSG – OL : Ce que Paris et Lyon doivent corriger avant la Ligue des champions

COUPE DE LA LIGUE Parisiens et Lyonnais ont encore une marge de progression avant la Ligue des champions

William Pereira, au stade de France

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Neymar et Anthony Lopes
Neymar et Anthony Lopes — Francois Mori/AP/SIPA

Thomas Tuchel et Rudi Garcia refusaient, la veille de le rencontre, de parler de la finale de la Coupe de la Ligue​ comme d’un match de préparation avant les échéances européennes à venir – à savoir un huitième de finale retour de Ligue des champions pour l’OL, le Final 8 de Lisbonne pour Paris.

Pourtant, à entendre parler les deux hommes après la victoire aux tirs au but du PSG, il semblerait qu’ils soient déjà bien tournés vers le futur et déterminés à se servir de la semi-purge de vendredi pour leurs prochaines joutes italiennes.

A Paris, de la résilience mais peu de jeu

Commençons par les vainqueurs. L’entraîneur allemand concède volontiers que le jeu de son équipe manquait d’intensité (sans blague ?) mais préfère s’attarder sur la résilience de ses hommes et de leur capacité à souffrir ensemble. « Je suis très fier de mon équipe, ce sont des gars fiables qui profitent de jouer, souffrir ensemble. [Contre l’Atalanta Bergame] je m’attends à plus d’intensité. On doit trouver des solutions car ils jouent dans un style spécial. C’est une équipe très forte. On a maintenant 12 jours pour préparer notre quart de finale. »

Notre avis : Contre Bergame à Lisbonne, il ne s’agira pas seulement de courir plus vite, plus longtemps. Réduire les imperfections parisiennes à une carence kilométrique au compteur, c’est faire fi de tout le reste, n’en déplaise à Tuchel, qui nous aurait aimés plus dithyrambiques après la rencontre : « on fait 99 choses bien, et vous pointez la 100e chose mauvaise. » Le truc, c’est que cette mauvaise chose est un gros détail : son plan d’attaque.

En l’absence de Kylian Mbappé, Paris n’avait pas d’autre plan B que de mettre le ballon dans les pieds de Neymar et attendre que celui-ci marche sur l’eau. Le Brésilien est un joueur à part, et il a su se montrer intéressant par intermittence face à Lyon. Mais en Ligue des champions, contre des défenses organisées, ça ne suffira certainement pas. On a l’impression qu’à l’heure actuelle, le salut de Paris en Europe a plus de chances de venir d’une prouesse médicale que d’une réflexion tactique. Ander Herrera, à deux doigts de brûler un cierge pour accélérer la guérison de Mbappé : « On est optimiste pour Kylian, on a vu qu’il peut marcher, il est jeune et très professionnel. Il veut vraiment jouer, il travaille tous les jours, matin et soir. Bien sûr que sa présence est très importante, on espère qu’il va jouer. » Surtout après ce soir.

Rudi Garcia veut plus de réalisme contre la Juve

Dans le camp adverse, le malheureux finaliste sort la tête haute de cette défaite encourageante, un concept bien connu du sport français en général. Plombé par des bugs individuels – le tacle de Rafael, une tête foirée de Denayer qui laisse filer Neymar dans la surface ou encore les centres de Maxwell Cornet – l’OL a par contre démontré, pendant près d’une heure, sa capacité à mettre le pied sur le ballon, à gérer temps forts et temps faibles et alterner jeu court et jeu long. De quoi ravir Rudi Garcia, qui attend néanmoins plus d’efficacité dans la surface.

« On aurait pu se montrer plus dangereux en seconde période pour marquer. C’était un match fermé. Il n’y a pas eu assez d’occasions de notre côté. En prolongation, il y avait peut-être moyen de terminer ce match avant les tirs au but. On a tenu la dragée haute au Paris SG. Il faudra être meilleur pour marquer à Turin. C’est une bonne base de travail. »

Notre avis : L’OL ne s’est effectivement pas montré assez dangereux, surtout au vu du nombre de décalages créés sur le côté gauche ou dans l’axe de la défense parisienne. Les mauvais choix dans la dernière passe et un manque de présence de Depay et Dembele dans la surface privent les Lyonnais d’occasions « faciles ».

Enfin, défensivement, les Lyonnais devront faire preuve de plus de rigueur sur la longueur. Gare aux courants d’air et aux ballons de buts offerts bêtement à l’adversaire. Si Di Maria et Neymar ont fait beaucoup de cadeaux, pas dit que Cristiano Ronaldo en fasse autant. Anthony Lopes connaît bien son compatriote, mais il ne sortira pas des masterclass chaque soir de match.