PSG-Atalanta : L'heure de gloire bien méritée de Choupo-Moting, « toujours prêt pour aider »

FOOTBALL Choupo-Monting a été l'homme de la fin de match pour le PSG contre l'Atalanta

William Pereira

— 

Kylian Mbappé et le meilleur joueur du PSG
Kylian Mbappé et le meilleur joueur du PSG — David Ramos/AP/SIPA

« Il surgit, au bout de la nuit… E-ric Choupo-Moting ! » Idée de chant à répéter autant de fois que nécessaire sur l’air des démons de minuit, puisque c’est comme ça qu’on clame son amour au chouchou du public, à Paris. Car c’est ce que mérite d’être l’attaquant camerounais, au moins pour quelques heures ou quelques jours, le chouchou. D’abord, pour une raison évidente : par son avant-dernière passe pleine d’audace pour Neymar et sa présence dans la surface pour conclure une offrande de Mbappé, il a réussi à convertir dix minutes de jeu en qualification pour le dernier carré de la Ligue des champions.

Une productivité qui ferait rêver n’importe quel patron d’entreprise, surtout quand l’employé en question se sait condamné à quitter la boîte. Avant la fin de son CDD et alors que Paris était au bord d’une élimination désastreuse, Choupo s’est senti investi d’une mission. « Quand je suis rentré je me suis dit “on peut pas rentrer à Paris comme ça, avec cette équipe”. Sur mon but j’ai vu Kylian, je connais sa vitesse. C’est une histoire parfaite, 50 ans de Paris… »

Patience, abnégation et skate

C’est une histoire parfaite, oui. Le mec de l’ombre, pas hyper talentueux mais qui bosse en silence en attendant son heure. Jamais une vague, pas un mot plus haut que l’autre. Le portrait est aussi convenu que réel. Le buteur a accepté de venir dans les bagages de Thomas Tuchel​ pour jouer les doublures et ne s’est jamais dévié de cette trajectoire, sans doute conscient de la chance de pouvoir évoluer auprès de joueurs comme Neymar, Mbappé ou Di Maria. Il aurait pu en rester là, attendre que ça passe, profiter du bon temps avec ses illustres camarades avant de verser une larme en repartant dans un club plus à sa mesure. C’était d’ailleurs le projet. Poussé hors de la liste parisienne en Ligue des champions par l’arrivée de Mauro Icardi en début de saison, l’ancien de Schalke 04 a finalement pu retrouver la piste étoilée grâce au déserteur Edinson Cavani, qui n’a pas daigné attendre la fin de saison européenne avant de partir.

Parce qu’il en a pris plein la gueule depuis son arrivée au PSG, notamment le jour où il a maladroitement empêché son équipe de marquer sur la ligne de but adverse – et parce que c’est un gars cool capable de débarquer en skate au Camp des Loges – on ne peut pas s’empêcher d’être heureux pour lui. A moins que ce ne soit une douce condescendance ? La psychologie de comptoir attendra. Même ceux qui, comme Thomas Meunier, ont quitté le navire pendant la pause Covid n’ont pas pu s’empêcher de célébrer le héros Choupo.

Une statue pour Choupo

Pas de montage paint mais un bel hommage au héros du soir pour Ander Herrera à la fin de la rencontre. « Choupo a joué dix minutes incroyables. Je voudrais parler de lui, il va finir son contrat et il est prêt pour aider. Il fait toujours l’entraînement comme si c’était le dernier de sa vie. » Pour les raisons évoquées plus haut, Tuchel est forcément aussi très heureux pour son poulain. « Il a été exceptionnel, a dit l’Allemand au micro de RMC Sport. Je dis toujours que je sais qu’il est un bon joueur qui peut entrer et changer quelque chose. » Ce quelque chose, c’est juste la première qualification du PSG en demies de Ligue des champions depuis 1995. Ça mériterait presque une statue. Et un nouveau contrat. En attendant mieux, l’attaquant camerounais se contentera du trophée d’homme du match que Neymar a partagé avec lui, et de quelques jours de plus à Lisbonne.