Parmi les six malades à bord des hélicoptères, deux patients de Saverne ont été transférés près de Francfort.
Parmi les six malades à bord des hélicoptères, deux patients de Saverne ont été transférés près de Francfort. — FREDERICK FLORIN / AFP

SOLIDARITE

Coronavirus en Alsace : Les transferts de patients, vitaux pour les hôpitaux

Charles Montmasson

L’accueil de patients alsaciens dans d’autres hôpitaux en France ou à l’étranger est devenu une nécessité pour faire face à l’épidémie dans la région

Ce lundi matin, trois hélicoptères de l’armée de terre ont décollé du tarmac de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim avec, à leur bord, six patients atteints du Covid-19. Leur destination : l’Allemagne et la Suisse. Ces derniers jours, les transferts de malades se sont multipliés pour soulager les hôpitaux alsaciens, en première ligne de l’épidémie.

Parmi les six patients transférés lundi en appareil militaire, deux étaient hospitalisés à Saverne, dans le nord du Bas-Rhin. « Ils ont été transférés à côté de Francfort, précise Mélanie Viatoux, la directrice de l’hôpital. Ils ont été jugés transférables au regard de leur état de santé. C’est-à-dire que leur état est relativement stabilisé – autant qu’il puisse l’être en réanimation – pour pouvoir supporter l’ambulance et l’hélicoptère. »

Pouvoir accueillir d’autres patients

Pour la directrice de l’établissement, les transferts doivent se poursuivre, car l’épidémie est « toujours dans une pente ascendante ». « L’Alsace a recours à des transferts pour faire face aux besoins de prise en charge, poursuit Mélanie Viatoux. Cela nous permet d’accueillir de nouveaux patients en réanimation. » Sur 956 personnes hospitalisées, le Bas-Rhin comptait ce dimanche 241 patients en réanimation. A Saverne, la capacité du service de réanimation est passée de 8 à 20 lits.

Dans le Haut-Rhin, l’hôpital de Colmar est pour sa part monté dimanche à 50 lits de réanimation réservés aux patients atteints du Covid-19, contre 30 lits au total en temps normal. « Sans les transferts, notre capacité aurait explosé, souligne le docteur Jean-François Cerfon, chef de l’une des équipes de réanimation de l’hôpital. Il faut qu’on remercie nos voisins allemands et suisses. » Vendredi soir, quatre patients de Colmar ont aussi été transportés par avion à Limoges.

Un médecin est décédé à Metz

Dans un département du Haut-Rhin qui comptait dimanche 111 patients en réanimation parmi 1.053 malades, la pression est restée forte ces derniers jours. « Vendredi, quand on libérait un lit de réanimation, on avait trois demandes pour l’occuper », témoigne le docteur Jean-François Cerfon. Depuis, le médecin évoque, « avec beaucoup de prudence », avoir constaté « un léger mieux » qui devra être confirmé dans les prochains jours.

Une note d’espoir qui n’arrête pas mais les mauvaises nouvelles. Ce lundi soir, on apprenait le décès d’un sixième médecin en France, un praticien hospitalier à Metz. A Colmar, un autre médecin se trouve depuis plusieurs jours en réanimation, dans un état très préoccupant.