Strasbourg : « Entre 30 à 60 % des chalets supprimés » au marché de Noël ? Les forains en colère

EVENEMENT Des désaccords apparaissent alors même que le marché de Noël n’est pas officiellement maintenu

Thibaut Gagnepain

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Un des 300 habituels du marché de Noël de Strasbourg (illustration).
Un des 300 habituels du marché de Noël de Strasbourg (illustration). — B. Poussard / 20 Minutes.
  • A quoi ressemblera le marché de Noël de Strasbourg s’il a lieu ? La question, les forains se la posent aussi. A deux mois de la date d’ouverture officielle de l’événement, ils dénoncent n’avoir vu aucun plan.
  • Pire, ils craignent que les 300 habituels chalets soient en nombre réduits. « Entre 30 à 60 % » pourraient être supprimés d’après eux.
  • « Le marché de Noël, c’est 50 % de mon chiffre d’affaires. Si je ne l’ai pas, je suis mort », clame un marchand de confiserie.

Le marché de Noël de Strasbourg aura-t-il lieu ? La question n’est toujours pas tranchée que des désaccords profonds apparaissent déjà. Jeudi en fin après-midi, ce sont ainsi plus d’une cinquantaine de forains qui ont fait part de leur mécontentement devant le centre administratif. Ils sortaient alors d’une réunion avec Guillaume Libsig, pilote de l’événement, ainsi que deux autres adjoints à la municipalité, Pierre Ozenne et Joël Steffen.

L’objet de leur colère ? « Entre 30 à 60 % des [300] chalets pourraient être supprimés, c’est ce que la ville nous a annoncé », explique Sassi Ben Mourdi, dont le stand de confiserie est installé depuis 1946 place Broglie. Celui qui fait partie du « Comité de concertation » crée depuis peu par les forains menace : « Des collègues sont censés rester sur le carreau. Ce n’est pas possible. Pour nous, c’est tout le monde ou personne. »

« Aucun plan n’a pu nous être présenté »

A deux mois du 28 novembre, date annoncée du coup d’envoi du marché de Noël dans la capitale alsacienne, le temps commence à presser pour les habituels participants. Comment seront-ils répartis ? De nouveaux lieux dans Strasbourg accueilleront-ils des chalets, comme évoqué début septembre.

« On n’a pas avancé d’un poil, on n’en sait rien, balaie Sassi Ben Mourdi. Aucun plan n’a pu nous être présenté. Tous ceux qu’ils avaient préparés depuis deux mois sont partis à la poubelle après de nouvelles consignes de l’Agence régionale de Santé (ARS) et de la Préfecture. J’espère qu’on en saura plus rapidement. Ça devient urgent pour certains marchands. »

Une réunion entre les deux parties est déjà programmée la semaine prochaine, a indiqué la mairie dans un communiqué. « L’objectif défini par la maire de Strasbourg est d’adapter au mieux le dispositif afin que le marché de Noël 2020 puisse se tenir dans les meilleures conditions et avec la plus large adhésion possible », écrit encore la municipalité, qui a refusé la demande d’interview de Guillaume Libsig formulée par 20 Minutes.

« Le marché de Noël, c’est 50 % de mon chiffre d’affaires. Si je ne l’ai pas, je suis mort. La plupart de mes collègues sont dans le même cas. On est prêt à s’adapter aux nouvelles conditions mais pas à laisser des gens sur le carreau. Tout le monde a besoin de cet événement à Strasbourg, pas que nous », conclut Sassi Ben Mourdi.